Blog de Pierre Albertini

dimanche 20 juillet 2008

Disparition d'un grand européen : Bronislaw Geremek



L'Europe, la Pologne et la France ont perdu un grand ami. Homme de réflexion et d'action, Geremek, opposant résolu au bloc soviétique, fut successivement conseiller de Solidarnosc puis ministre des Affaires étrangères, enfin député européen.

J'ai eu la chance de l'entendre et de le lire souvent. Ses discours comme ses écrits témoignaient d'une grande connaissance des réalités européennes qu'il expliquait avec simplicité comme seuls les grands savent le faire. Humaniste, défenseur acharné de la liberté, il a payé de sa personne : emprisonné, interné sous Jaruzelski, il refuse encore de se plier à la loi de "décommunisation" voulue par les frères Kaczynski au pouvoir dans son pays. La Cour constitutionnelle de Pologne finira par lui donner raison.

samedi 19 juillet 2008

Poids lourds en ville : une mesure homéopathique



Faute d'un contournement routier complet, l'agglomération et la ville sont traversées par un nombre très élevé de poids lourds. On en estime les mouvements à 36 000 par jour, empruntant des voies dont beaucoup ne sont pas faites pour recevoir un tel trafic. D'où les problèmes de pollution atmosphérique, de sécurité, de bruit, maintes fois dénoncés. Rouen en souffre particulièrement car les seuls quais, rive droite et rive gauche, supportent environ 6000 PL par jour. Or l'ouverture simultanée du pont Flaubert et du barreau sud ouvre désormais des perspectives d'amélioration intéressantes.

C'est cette opportunité qui avait provoqué, en 2007, la création d'un groupe de travail, destiné à faire des propositions à court terme pour diminuer l'intensité du trafic et ses nuisances. Si l'on en croit le dernier numéro du magazine de l'agglomération, ces mesures se réduiraient à interdire le passage des poids lourds sur les quais hauts, pour les obliger à utiliser les quais bas, sur les deux rives. C'est tout à fait insuffisant ! Certes, les riverains percevront un peu moins de bruit, ce qui n'est pas négligeable. Mais quel est l'impact global en matière de pollution et de sécurité ? La réflexion, conduite par le maire de Petit-Quevilly, accouche d'une souris.

La seule mesure efficace consisterait, comme je l'ai proposé, à interdire aux véhicules en transit de traverser l'agglomération. Ainsi, 20 % du trafic total (7200 PL par jour) cesseraient d'y pénétrer. En termes de pollution, de fluidité et de sécurité, cela aurait un impact fort, en attendant de disposer des voies d'évitement qui nous font encore défaut, à l'est et au nord. Près de nous, Chartres et Le Mans, par exemple, sont interdits aux véhicules en transit de plus de 7,5 T. Pourquoi, n'est-ce pas possible chez nous ? Le trafic de transit (qui ne fait que traverser l'agglo sans s'y arrêter) n'a aucune utilité économique pour nous. Pourquoi devrions-nous en subir encore les nuisances ?

Enfin, si ce plan devait être adopté tel quel, a-t-on songé qu'il ruinerait tout projet d'aménagement ambitieux des quais bas, rive gauche, voués à la circulation plus qu'à la détente et aux loisirs. La ville de Rouen a son mot à dire dans un tel dossier car elle est, de loin, la plus touchée par cette noria de camions. Elle doit se faire entendre.

Poids lourds en ville : une mesure homéopathique

Faute d'un contournement routier complet, l'agglomération et la ville sont traversées par un nombre très élevé de poids lourds. On en estime les mouvements à 36 000 par jour, empruntant des voies dont beaucoup ne sont pas faites pour recevoir un tel trafic. D'où les problèmes de pollution atmosphérique, de sécurité, de bruit maintes fois dénoncés. Rouen en souffre particulièrement car les seuls quais, rive droite et rive gauche, supportent environ 6000 PL par jour. Or l'ouverture simultanée du pont Flaubert et du barreau sud ouvre désormais des perspectives d'amélioration intéressantes.

C'est cette opportunité qui avait provoqué, en 2007, la création d'un groupe de travail, destiné à faire des propositions à court terme pour diminuer l'intensité du trafic et ses nuisances. Si l'on en croit le dernier numéro du magazine de l'agglomération, ces mesures se réduiraient à interdire le passage des poids lourds sur les quais hauts, pour les obliger à utiliser les quais bas, sur les deux rives. C'est tout à fait insuffisant ! Certes, les habitants des immeubles percevront un peu moins de bruit, ce qui n'est pas négligeable. Mais quel est l'impact en terme de pollution et de sécurité ? La réflexion conduite par le maire de Petit-Quevilly accouche d'une souris.

La seule mesure efficace consiste à interdire aux véhicules en transitde traverser l'agglomération. Ainsi, 20 % du trafic total (7200 PL par jour) cesserait d'y pénétrer. En termes de pollution, de fluidité et de sécurité, cela aurait un impact fort, en attendant de disposer des voies d'évitement qui nous font encore défaut, à l'est et au nord. Près de nous, Chartres et Le Mans, par exemple, sont interdits aux véhicules en transit de plus de 7,5 T. Pourquoi, n'est-ce pas possible chez nous ? Le trafic de transit (qui ne fait que traverser l'agglo sans s'y arrêter) n'a aucune utilité économique pour nous. Pourquoi devrions-nous en subir encore les nuisances ?

Enfin, si ce plan devait être adopté tel quel, a-t-on songé qu'il ruinerait tout projet d'aménagement ambitieux des quais bas, rive gauche, voués à la circulation plus qu'à la détente et aux loisirs. La ville de Rouen a son mot à dire dans un tel dossier car elle est, de loin, la plus touchée par cette noria de camions.

mardi 8 juillet 2008

Médiathèque : le feuilleton continue



Après la décision brutale de renoncer au projet et d'interrompre le chantier, que rien ne laissait supposer jusqu'à ces dernières semaines, voici que le président du conseil général livre ses propositions, au détour d'une question posée hier, sur le site de l'Armada. Reconnaissant que la "destruction est une démarche difficile" (c'est un euphémisme) et que le projet architectural est "de qualité" (merci), il imagine une reconversion du lieu : accueil des archives départementales et peut-être de l'Ecole Régionale des Beaux-Arts.

Si elle n'était pas aussi tardive et solitaire, l'initiative serait sympathique et mériterait une étude dépassionnée. Sauf que :

- tout cela fait penser à un mauvais film dont le scénario s'ecrirait chaque jour, au gré de l'inspiration des acteurs

- toute reconversion aurait dû faire l'objet d'une concertation préalable à la décision funeste du 2 juillet (faisabilité, coût, délai, consultation du maître d'oeuvre et de l'entreprise)

- la cohabitation des archives et d'une Ecole, sous un même toit, n'est pas évidente.

Ce feuilleton à rebondissement est loin d'être terminé. Il montre, d'abord, que le fait du prince, ça ne passe pas. L'opinion, attachée à la continuité républicaine et mécontente du gâchis financier prévisible, ne comprend pas la remise en cause d'un chantier largement commencé. Il montre aussi que le pouvoir n'est plus vraiment à la ville : le Maire est sous tutelle, ses "amis" socialistes ne se contentent pas de la marquer à la culotte (façon de parler), ils interviennent ouvertement dans le débat rouennais. Déjà Laurent Fabius avait qualifié d'élitiste la médiathèque, aujourd'hui Didier Marie réécrit l'histoire. Demain, sans doute, les grandes décisions, bonnes ou mauvaises, s'imposeront à Rouen. Je ne suis pas sûr que les habitants aient voulu une telle évolution, ils souhaitent la coopération entre collectivités, pas la mise sous contrôle de leur ville.

mercredi 2 juillet 2008

INGRID BETANCOURT LIBEREE



L'armée colombienne a annoncé, à 21 heures, la libération d'Ingrid et de plusieurs autres personnes. Si cette information est bien confirmée, elle sera une bouffée d'espoir pour tous les otages encore détenus dans le monde. Son portrait apposé sur la façade de l'Hôtel de ville pourra être décroché avec une immense joie.

Merci aux comités de soutien, merci aux rouennais venus nombreux à chaque manifestation organisée pour sa libération ! La flamme de l'espoir ne meurt jamais.

lundi 30 juin 2008

Lettre ouverte au Maire de Rouen



Madame le Maire,

Je vous écris avec tout le respect que je dois à une élue du suffrage universel dont la légitimité ne saurait être contestée ; je le fais sous la forme d'une lettre ouverte car, sur un sujet comme la médiathèque, nous n'avons ni l'un ni l'autre rien à cacher, je l'espère. Il ne s'agit en effet que de l'intérêt général de la ville, de l'agglomération comme de la région, et non de l'empreinte personnelle, d'ailleurs bien modeste, que nous souhaitons laisser à Rouen.

Or, par tous les bouts que je prenne votre décision récente, je ne la comprends guère. Lorsque nous avons évoqué, le 12 mars, le chantier de la médiathèque, vous m'avez spontanément indiqué que vous aviez obtenu le concours financier de la région et du département qui m'avait été jusqu'alors refusé. Je m'en suis réjouis avec vous, pour les contribuables rouennais, et vous avez immédiatement ajouté que j'aurais également bénéficié d'une telle aide si j'avais été réélu. A ce moment, j'ai acquis la conviction que, sur ce projet au moins, la continuité serait assurée. Vous aviez d'ailleurs vivement protesté lorsqu'à la veille du premier tour, des habitants de Grammont avaient évoqué l'éventualité d'une remise en cause de cet équipement. Plus tard, des déclarations convergentes de vous-même ou de vos Adjoints m'avaient conforté dans ma certitude qu'en dépit des vicissitudes électorales, Rouen aurait "sa" médiathèque, dont on parle depuis vingt ans.

C'est pourquoi, votre décision d'arrêter le chantier, annoncée le 25 juin aux médias, a été pour moi un "coup de tonnerre dans un ciel serein". La méthode est plus que brutale. La médiathèque figurait explicitement dans le contrat de projet Etat-région, confirmé ensuite par le contrat d'agglomération. Le programme de Rouen motivée ("la ville aux cent projets") ne laissait en rien supposer une telle issue. Enfin, le rapport que vous aviez demandé au ministère de la culture et auquel travaillaient activement deux inspecteurs généraux ne vous avait encore été remis. Où est la prise en compte des souhaits des rouennais, pris en otage après les élections ? La démocratie participative dont vous vous gargarisez ne sort pas grandie de cette pénible épreuve.

Pourquoi priver les habitants des services d'une médiathèque moderne, mêlant les documents rares et les supports audiovisuels récents dans une démarche de développement de la lecture et de maîtrise de la langue, formidable défi de notre société ? A supposer que la localisation ait été une erreur, c'en est une plus grande encore que de ne pas donner sa chance à cet équipement ? Les solutions de substitution que vous évoquez (une ludothèque, une annexe supplémentaire) ne permettront pas de faire d'une addition de petits projets un grand projet, à fort rayonnement. Que dire enfin du gâchis financier que cette décision unilatérale va provoquer ? L'interruption unilatérale de ce marché ne sera pas sans conséquences, sur le plan de l'emploi comme sur le plan financier, comme les conseillers municipaux ne tarderont pas à l'apprendre.

Ce que vous m'avez librement dit en tête-à-tête ne préparait en rien ce changement de pied en quelques semaines. Quel est donc le "mauvais génie" qui vous entraîne dans cette galère ? Laurent Fabius dont l'ombre portée sur la ville ne cesse de s'étendre ? Je n'y crois guère, car c'est peu compatible avec le rassemblement dans une grande communauté qu'il veut promouvoir. Vos Adjoints à la culture ou au patrimoine et au tourisme ? Cela me surprendrait d'eux. Je ne vois guère que Yvon Robert, désireux de rompre à tout prix (c'est le cas de le dire) avec le mandat précédent pour vous inspirer une conduite aussi funeste. Je vous invite à vous garder de cette tentation. C'est par des décisions positives, non par des actes négatifs, que l'on existe durablement.

N'en doutez pas ! l'arrêt du chantier et, pire encore, la destruction du bâtiment en cours ruineraient pour vingt ans tout projet comparable. L'affectation de nouveaux espaces au musée des Beaux-Arts, pour donner à l'art contemporain la place qu'il mérite dans notre cité, serait aussi impossible. Et que dire de la conservation et de la mise en valeur des fonds patrimoniaux, compromises par le retour à Villon ?

Au moment où l'on s'apprête à créer une communauté urbaine, dotée de concours financiers nettement plus importants de l'Etat, puis-je vous suggérer de demander que la future médiathèque soit gérée par l'agglomération tout entière ? Cette solution aurait l'avantage d'offrir aux habitants l'outil de développement de la lecture publique et de diffusion des fonds patrimoniaux qu'ils sont en droit d'attendre d'une ville moderne. Et dans un an, vous ne manquerez pas de profiter de son succès.

Veuillez, Madame le Maire, me pardonner mon audace, exclusivement inspirée par la recherche de l'intérêt général, au-delà des clivages partisans. Pierre Albertini

mercredi 25 juin 2008

Consternant : l'arrêt du projet médiathèque



Alors que le bâtiment est déjà au niveau du 2e étage et que la dépense engagée frise les 18 M. d'euros, le maire de Rouen vient d'annoncer l'arrêt de la Médiathèque. Que dire, à chaud, d'une décision aussi brutale, avant même que le rapport demandé à l'Inspection Générale soit réalisé ?

C'est la seconde fois que des élus socialistes interrompent le cours d'un tel projet. En 1995, Yvon Robert avait déjà retiré la candidature de la ville aux 12 grandes bibliothèques. En 2008, le même esprit de rupture et de vengeance frappe encore. On prive ainsi les habitants d'un équipement qu'ils attendent depuis 20 ans. Quel gâchis ! Je veux croire que cette décision n'est pas irréversible mais l'espoir n'est plus qu'un petit fil fragile...

Des années de travail sont anéanties, un formidable outil de développement de la lecture publique est jeté aux oubliettes d'une histoire peu glorieuse. Rouennais, vous aurez du sport en guise de culture, de maîtrise de la langue et de l'écrit. On revient au siècle précédent. Je suis triste ce soir et ne trouve pas les mots pour exprimer l'ampleur du désastre que ce geste négatif va propager, à la vitesse grand V, dans tous les milieux attachés au rayonnement de la culture, dans notre pays et ailleurs.

mardi 17 juin 2008

Sortie sans gloire des Bleus

La France, battue par l'Italie, termine dernière de son groupe et quitte l'Euro sur la pointe des pieds, ne laissant derrière elle que des regrets. Son premier match contre la Roumanie, décisif pour mettre l'équipe en confiance, a été raté dans les grandes largeurs : football étriqué, sans imagination, joué avec des chaussures de plomb contre des Roumains venus là pour obtenir le nul...Le match contre la Hollande fut moins décevant que le score ne le laisse paraître mais pas à la hauteur d'un adversaire incisif, inspiré et sans complexe. Enfin, contre l'Italie, notre bête noire, la malchance a fait la différence après quelques minutes de jeu.

C'est la fin d'une époque, il faut reconstruire dans la durée, l'ossature de l'équipe comme la stratégie offensive. Au foot, ce qui importe, c'est d'abord de marquer des buts et non éviter d'en encaisser ! J'espère que le prochain sélectionneur aura fait sienne cette règle de base.

Le "non" irlandais au traité de Lisbonne



Vendredi fut une journée noire pour les européens qui croient encore que le Traité de Lisbonne serait un progrès dans le fonctionnement à venir des institutions de Bruxelles. on a beaucoup dit que ce texte (qu'on n'appelle plus Constitution) était peu lisible pour le commun des mortels. Mais là n'est pas l'essentiel. les Traités de Rome étaient-ils eux-mêmes plus accessibles ? Le fond de la question est ailleurs.

D'abord, dans la déception ou au moins le scepticisme qu'engendre l'Europe depuis son élargissement généreux mais mal préparé, en 1995. L'Union a eu successivement à son actif le redressement économique, la paix, l'ouverture à l'Est, l'euro, ce qui n'est pas rien : mais aujourd'hui, elle n'est pas en mesure d'offrir aux peuples une réponse efficace à la mondialisation sauvage qui se déploie, sans véritable régulation, depuis quelques décennies. On attend l'Union sur ce front et elle se perd encore en longues négociations et en pénibles compromis pour trouver son chemin.

Ensuite, la consultation des européens, par référendum, est dépourvue de toute sanction. On peut voter "non" et continuer à faire partie de l'Union. Dans ces conditions, faut-il s'étonner qu'elle mobilise plutôt les opposants au Traité que ses partisans ? Le cas de l'Irlande est à cet égard édifiant : elle a voté trois fois, négativement en 2001 et en 2008, positivement en 2002. Quelles conséquences précises ont-elles été tirées de ces votes contradictoires ?

18 Etats sur 27 ont aujourd'hui ratifié le Traité de Lisbonne. Dans la plupart des capitales, on s'ingénie à trouver le moyen de poursuivre le processus, sans vraiment tenir compte des réponses fournies par les électeurs chaque fois qu'ils sont consultés. Insensiblement, le fossé se creuse donc entre l'opinion et les institutions. Ce n'est pas de subterfuge que l'Europe a besoin. C'est au contraire d'une réflexion sur ce qu'elle doit être : un espace politiquement, économiquement, culturellement organisé, dans un monde qui va à vau-l'eau. C'est de volonté et non de ruse qu'elle a besoin.

lundi 9 juin 2008

Situation financière de Rouen : qui trompe qui ?



Madame Fourneyron a présenté à la presse l'audit qu'elle a fait réaliser sur la situation financière de la ville. Sur le principe d'un diagnostic extérieur, rien à dire. En revanche, sur la méthode, sur le fond comme sur l'interprétation des données, il y a beaucoup à dire !

La méthode est franchement orientée :
- présentation à la presse avant toute information des élus
- aucun caractère contradictoire de l'audit
- comparaison limitée à 5 villes (pourquoi elles alors qu'il existe 37 villes de plus de 100 000 habitants ?)
- prospective n'intégrant que les dépenses et non les recettes attendues de la modernisation de la ville.

Sur la situation financière, aucun élément nouveau : Par rapport à la Chambre régionale des comptes dont les observations ont été communiquées au conseil municipal en novembre dernier et par rapport au compte administratif 2007 qui sera soumis aux élus en juillet prochain, l'audit ne fait que confirmer les indicateurs suivants :
- "niveau de recettes de fonctionnement supérieur à la moyenne de l'échantillon"
- "potentiel financier par habitant plutôt plus élevé"
- "effort fiscal en dessous de la strate des communes" de 100 à 300 000 habitants
- dépenses de fonctionnement d'un "poids plus conséquent"
- "effort d'investissement soutenu" ces dernières années
- "fléchissement limité" de l'épargne brute.

Ce constat est parfaitement en phase avec les résultats du dernier compte administratif qui précise que le ratio d'endettement (10,7 ans) est "largement en-dessous du seuil d'alerte communément admis (15 ans). Tous ces points sont vérifiables, le rapport de la CRC, l'audit financier comme le compte administratif doivent être communiqués à tout contribuable qui le demande. Comment passe-t-on d'une appréciation aussi convergente, venant de 3 sources différentes à la description "catastrophique" que le Maire croit pouvoir faire ? La réponse est on ne peut plus simple : le projet présenté par la nouvelle équipe ne tient aucun compte des dépenses récurrentes (maintenance) et des engagement pris par l'équipe précédente, de 2001 à 2008 : GPV, opérations d'urbanisme (Luciline, Rouen Innovation Santé), grands équipements (médiathèque, Auberge de jeunesse), contrat de partenariat (éclairage feux tricolores, gestion du quartier piéton et de la circulation). Ce cumul représente environ 150 M € sur les années à venir.

Or les seules mesures nouvelles contenues dans les "100 projets" de Rouen motivée s'élèvent à plus de 200 M €. Comment assumer désormais des promesses impossibles à tenir ? Cette découverte tardive explique mais ne le justifie pas le stress du Maire, dans les mâchoires d'un étau que sa démagogie a créé. Il est alors plus commode d'accuser son prédécesseur que d'avouer son imprévoyance antérieure.

Sur la prétendue absence de transparence : les engagements antérieurs ont tous été assortis d'une présentation au conseil municipal et d'un vote. Un exemple parmi d'autres : les opérations d'aménagement ont fait l'objet chaque année d'un bilan prévisionnel (dépenses-recettes-participation de la ville). Dois-je rappeler que ces bilans ont été quasiment tous approuvés par la minorité socialiste dans laquelle siégeaient de nombreux élus d'aujourd'hui ? Ont-ils la mémoire courte ? ils peuvent la rafraîchir en consultant les PV ou les enregistrements des conseils successifs. Je mets au défi quiconque de trouver un seul des engagements en question qui n'ait été formellement présenté et débattu ! Dans ces conditions, parler de "dissimulation" est totalement abusif.

Le développement de la ville : les dépenses d'investissement engagées par mon équipe n'ont qu'un but : moderniser la ville, la rendre plus attractive, lui donner les moyens de préparer son avenir. Elles produiront des recettes supplémentaires (taxe d'habitation, taxe foncière, droits de mutation, sans parler de la taxe professionnelle perçue par l'agglomération). Cela donnera donc des marges pour les années à venir. Or cet aspect n'est nullement évoqué par le consultant, ce qui rend sa prospective partielle, sinon partiale. Tous ceux qui investissent (ménages, entreprises, collectivités) savent que, dans un premier temps, on dépense et que, dans un second temps, on recueille les fruits. Une ville ne s'aménage pas en un seul mandat. L'histoire de Rouen ne s'arrête ni ne commence en 2008.

Le scénario le plus probable : après l'indignation (réelle ou feinte) de Madame Fourneyron, on peut imaginer ce que seront les prochaines décisions municipales :
- forte contraction des objectifs du GPV
- appel à des concours de la région et du département pour certains équipements (la médiathèque, par exemple) ou à la prise en charge d'opérations par l'agglomération (Rouen-Innovation-Santé)
très probable hausse de la fiscalité en 2009, contrairement aux promesses faites imprudemment
- abandon ou report de nombreux aspects des "100 projets" : qui parle encore sérieusement des Jeux Olympiques de la jeunesse, par exemple ?
Dans l'ensemble, ce sont les ambitions de la ville qui seront ainsi réduites. Au moment où l'on évoque le développement du "Grand Paris" ou la réunification de la Normandie, je crains que Rouen ne rate encore l'occasion de devenir une véritable métropole régionale.

dimanche 8 juin 2008

"Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages"

Dans une conférence de presse tenue avant même d'en informer les élus municipaux, Madame Fourneyron fait de la situation financière de la ville une présentation "catastrophique". Qui trompe qui ? Je répondrai point par point à ces accusations, après avoir étudié en détail l'audit que j'ai pu enfin me procurer.

jeudi 29 mai 2008

Le Grand Projet de Ville de Rouen vidé d'une grande part de sa substance


Je n'ai pas l'intention d'être la "mouche du coche" de la nouvelle équipe municipale. Je n'interviendrai donc pas à tout propos pour critiquer ce que font mes successeurs. Le maire tire sa légitimité de l'élection, il est fondé à concrétiser son projet et tout jugement hâtif serait déplacé. Cependant, ce que j'ai lu ce matin dans la presse locale me conduit à sortir du silence et à faire une exception pour un sujet d'importance : le Grand Projet de Ville.

L'ambition du GPV, conclu en 2000 et mis en oeuvre en 2001, est de refaire de quartiers trop longtemps délaissés des quartiers à part entière, concourant comme les autres au développement de la ville. Il implique une action simultanée sur plusieurs facteurs :
- les transports (désenclavement),
- l'espace et les équipements publics (attractivité),
- le logement (confort des habitants),
- la formation et l'emploi (insertion).
Peut-on agir sur le cadre et les conditions de vie sans améliorer chacun de ces aspects de la politique de la ville ? Personnellement, je ne le crois pas. Or les premiers choix de V. Fourneyron et Y. Robert visent à réduire l'ambition du GPV et l'engagement financier de la ville. Des pans entiers passent à la trappe. En voici quelques exemples : abandonné le projet de grand parc, lieu de détente et de rencontres à la Lombardie, sévèrement limitée la restructuration du Chatelet à l'urbanisme chaotique, abandonné le transfert de services municipaux à la Grand-Mare, remise en cause de la réhabilitation des Jules Adeline à Grammont...Le quartier écologique, répondant à un appel à projet européen et reconnu comme très sérieux, a fait l'objet d'un retrait pur et simple par la municipalité.

Et que dire de la méthode pratiquée ? Aucun des urbanistes ayant travaillé sur ces quartiers, aucun des bailleurs sociaux engagés dans la réhabilitation des logements n'a été préalablement entendu. Les habitants, les associations ont-ils été consultés ? La commission de la hache fonctionne à jet continu, en circuit fermé. Priorité au logement, le reste on verra plus tard, dit-on dans l'entourage du maire. Erreur funeste car tout se tient, dans la dégradation comme dans la réhabilitation des quartiers sensibles. Rappelons-nous l'échec des politiques précédentes, sectorisées donc inefficaces. Comment attirer de nouveaux habitants sur les Hauts de Rouen si l'espace public, les équipements, le climat social, la tranquillité ne suivent pas ? C'est tout l'équilibre du peuplement de ces quartiers qui en souffrira.

C'est l'avenir de toute la ville qui dépend de sa capacité à ne pas laisser au bord du chemin 15 % de ses habitants. Il n'y a pas de dynamisme économique sans cohésion sociale. En amputant le GPV de sa substance, en renonçant à bénéficier d'une grande part de l'aide de l'Etat et des fonds européens, la ville fait un choix financier : mais est-ce un choix socialement pertinent ?

dimanche 25 mai 2008

Les 35 heures : 10 ans déjà !

1998-2008 : dix ans déjà. La réduction du temps de travail est un objectif louable, à condition d'être négociée et de prendre en compte la situation particulière des secteurs professionnels et des entreprises concernées. Pour cette raison, comme député, j'avais fortement soutenu la démarche initiée par Gilles de Robien qui reposait sur la discussion et combattu fermement celle de Martine Aubry, quelques années plus tard.

10 ans après, le bilan des 35 heures est globalement négatif même si certains effets positifs existent ici ou là. Car la réalité n'est jamais entièrement noire ou totalement rose. Si l'on en croit les résultats d'un sondage que vient de réaliser l'IFOP, l'appréciation des Français confirme celle que portaient la plupart des économistes. Qu'on en juge :

Diriez-vous que, d'une manière générale, les 35 heures ont eu des conséquences plutôt positives, plutôt négatives ou ni positives ni négatives ...?
- plutôt positives sur le tourisme et les loisirs : 60 %
- plutôt négatives sur les cadences et les rythmes de travail : 52 %, sur le niveau de consommation des ménages : 50 %, sur la compétitivité des entreprises : 52 %, le niveau des salaires : 69 %.

Enfin, n'oublions pas qu'environ un tiers des salariés n'est pas concerné par le dispositif des 35 heures. On en a peu parlé depuis 10 ans.

jeudi 22 mai 2008

Un rite...

Ce matin, j'ai croisé à plusieurs reprises le cortège des manifestants, regroupé d'abord rive gauche et se déroulant ensuite rive droite. Rassemblement coloré, bon enfant mais soigneusement réparti entre des organisations syndicales soucieuses de ne pas se mélanger et de comparer leur force de mobilisation. Banderoles, drapeaux et ballons, pétards et haut-parleurs, tous les ingrédients classiques d'une manifestation réussie étaient réunis. Les chants entonnés traduisaient la diversité des inspirations : entre les appels à la grève générale, la Carmagnole rivalisait avec l'inoubliable "Félicie" de Fernandel. Tout cela faisait songer à l'accomplissement d'un rite, au fond sympathique, une de ces traditions que notre pays nostalgique ne veut pas voir disparaître même s'il est sans illusion sur leur efficacité.

Tous les quatre ans, l'espérance de vie en France gagne un an. Quelques métiers usants mis à part, qui pourrait nier que la forme physique des retraités d'aujourd'hui se soit améliorée depuis une ou deux générations ? Mais ces arguments simples avaient peu de chance d'être entendus par des manifestants convaincus qu'une autre solution existe, sans pouvoir dire laquelle. Français nous sommes, Français nous restons, peuple singulier et inimitable mais qui gagnerait sans doute à s'inspirer de temps à autre de ce qui se passe ailleurs...

mercredi 21 mai 2008

Quelques paysages traversés