lundi 13 mai 2013
Par Pierre Albertini,
lundi 13 mai 2013 à 22:39 :: General

Saisi par les groupes parlementaires UMP et UDI, le Conseil constitutionnel va se prononcer prochainement sur la conformité à la Constitution de la loi sur le mariage de personnes de même sexe. Sans avoir eu accès aux mémoires présentés et à la réponse du Gouvernement, on peut cependant tenter d'imaginer quelle sera la réponse des Sages. Sur le principe même de l'ouverture du mariage aux homosexuels, le Conseil ne censurera probablement pas la loi votée par le Parlement. Dans sa jurisprudence, il a en effet toujours tenu à préciser qu'il ne disposait pas d'un pouvoir d'appréciation de même nature que le législateur. C'est à ce dernier de décider de l'opportunité et du contenu des lois nouvelles. Il n'appartient au Conseil que de vérifier leur conformité à l'ensemble des dispositions et des principes de valeur constitutionnelle. Or l'argument invoqué par les parlementaires d'opposition est que le mariage entre personnes de même sexe contredirait un "principe fondamental reconnu par les lois de la République" : le mariage réservé à un homme et à une femme. A supposer qu'il reconnaisse un tel principe, ce qu'il n'a pas fait jusqu'ici, il ne serait pas contredit par la loi nouvelle qui se contente d'étendre le bénéfice du mariage à des personnes qui n'en bénéficiaient pas jusqu'alors. Sur cette question centrale, le CC a déjà indiqué, en 2011, qu'il appartenait au législateur de fixer les contours du mariage. Il validera donc, selon moi, le texte adopté par les assemblées.
La question de l'adoption, ouverte désormais aux mariés de même sexe, est plus complexe. La question sera certainement examinée avec plus d'attention par les juges. En effet, c'est le droit de la filiation qui est ainsi modifié substantiellement, sans qu'une véritable étude d'impact des effets prévisibles de la loi nouvelle ait été entreprise. Le Conseil pourrait donc être tenté d'assortir son analyse de réserves d'interprétation. Reste enfin la crainte des auteurs de la saisine (que je ressens moi aussi) de voir bientôt consacrées l'assistance médicale à la procréation (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) : mais ce moyen n'est pas d'une grande portée devant le Conseil. Peut-on censurer une loi au motif qu'une autre -hypothétique- irait plus loin encore, ultérieurement.
Je me trompe peut-être. Je le saurai, avec vous, dans les tout prochains jours.
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lundi 29 avril 2013
Par Pierre Albertini,
lundi 29 avril 2013 à 23:10 :: General

Notre pays souffre de trois handicaps en matière d'emploi des jeunes :
- globalement, le taux d'emploi des 16-25 ans est un des plus faibles des pays comparables
- l'échec scolaire est élevé (150 000 jeunes sortent chaque année de l'école sans qualification)
- la formation par alternance est encore insuffisamment développée (elle ne concerne qu'un quart des jeunes contre la moitié en Allemagne)
Cette situation est parfaitement connue, elle dure depuis près de trente ans. Un rapport du CAE (conseil d'analyse économique) d'avril 2013 vient utilement rappeler combien il est urgent d'améliorer cette situation très dégradée. Car près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont aujourd'hui ni à l'école, ni en emploi, ni en formation. Le nombre des jeunes sans aucun diplôme s'élève à 900 000. Faut-il rappeler que la jeunesse devait être, heureusement, la priorité du quinquennat ? Je voudrais formuler ici une proposition simple, à l'intention de Valérie Fourneyron qui est, théoriquement, en charge de ce dossier et que j'ai vue, hier, patauger devant un public de jeunes impatients de savoir ce que l'on faisait pour eux. Il s'agit, à crédits constants, de reconvertir les emplois d'avenir (réservés au secteur non marchand) en contrats en alternance -pris en charge à 75 % par l'Etat- au sein d'entreprises. Ainsi, on offrirait aux jeunes non qualifiés, les plus touchés par la galère, la possibilité de travailler et de se former en même temps. Cela serait, à mon sens, plus efficace et plus durable que les actuels emplois d'avenir qui ne sont que des expédients passagers et qui ont bien du mal à monter en puissance, en raison notamment des difficultés financières rencontrées par les associations (17 % seulement sont pourvus). Je ne suis pas loin de penser aussi que l'on pourrait faire de même pour les contrats de génération dont l'application reste encore problématique.
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samedi 27 avril 2013
Par Pierre Albertini,
samedi 27 avril 2013 à 22:52 :: General

Depuis quelques semaines, on entend des voix de gauche autorisées (ou qui se croient telles) appeler à changer de cap économique et à en découdre avec l'Allemagne. S'il ne s'agissait que de Mélenchon et de ses alliés communistes, cela relèverait de l'anecdote. Mais ces propos dissonants émanent de ministres, Montebourg, Duflot, Hamon, du président de l'Assemblée nationale ou de hiérarques du PS, ce qui est plus inquiétant. Il est vrai que les socialistes français ont toujours eu du mal à assumer une ligne économique claire et qu'ils éprouvent périodiquement la tentation de se désolidariser de nos voisins allemands. En 1983, déjà , des visiteurs du soir s'efforçaient de convaincre François Mitterrand d'abandonner le bateau européen. Il a fallu un an pour dissiper cette incertitude et pour que Pierre Mauroy parle ouvertement de rigueur.
Aujourd'hui, une telle dérive serait plus grave encore : la France n'a plus guère de marge de manoeuvre et l'écart économique avec l'Allemagne ne cesse de se creuser. Montrer ses muscles peut être utile - quand on en a - et pour défendre une cause juste. Mais est-ce le cas en 2013 ? François Hollande n'est pas de Gaulle, on le savait depuis longtemps et, plus grave encore, notre pays est aujourd'hui affaibli. Il n'a su ni réduire son déficit (l'objectif de 3 %, fixé par le Président ne sera pas tenu cette année), ni contenir son endettement (qui dépasse 90 % du PIB et atteindra bientôt 95 %). La vérité est que nous devons, tout à la fois, remettre en ordre nos finances publiques et retrouver une croissance plus soutenue pour inverser la courbe du chômage. L'un et l'autre sont indispensables. Et c'est d'abord à nous de fournir ce double effort.
Peut-on raisonnablement reprocher à l'Allemagne d'avoir engagé, depuis dix ans, des réformes structurelles que nous avons différées ? Peut-on lui reprocher d'avoir accepté une modération salariale pour améliorer sa compétitivité et réduire son chômage ? On peut souhaiter que l'Europe mette en oeuvre une stratégie de croissance et d'innovation plus offensive mais le meilleur moyen de l'obtenir n'est pas de l'accuser mais de retrousser nos manches. L'Union ne peut être un bouc émissaire permanent et l'alibi de nos propres turpitudes. La vérité est que la politique économique mise en oeuvre depuis un an ne marche pas. Après une hausse massive des impôts, le pacte de compétitivité (trop complexe), les emplois aidés, les contrats de génération ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ce sont ces choix qu'il faut remettre en cause. Si on ne le fait pas, la courbe du chômage, loin de se stabiliser fin 2013, continuera d'augmenter inexorablement. Il ne servira alors à rien d'accuser tel ou tel, nous n'aurons que nos yeux pour pleurer des larmes plus douloureuse encore.
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vendredi 19 avril 2013
Par Pierre Albertini,
vendredi 19 avril 2013 à 19:20 :: General

Le mariage homosexueĺ, quoi qu'on en pense, divise la société francaise. Gare aux dérives qui, dans les deux camps, risquent d'aggraver encore cette division, à un moment où notre pays aurait surtout besoin d'unité.
Je condamne fermement les excès homophobes et les manifestations de violence d'une minorité extrémiste. Mais l'accélération du calendrier législatif est aussi une provocation inutile. A quoi servent les quelques semaines gagnées alors que le vote définitif ne fait aucun doute ?
De part et d'autre, sachons raison garder !
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Par Pierre Albertini,
vendredi 19 avril 2013 à 19:20 :: General
Le mariage homosexueĺ, quoi qu'on en pense, divise la société francaise. Gare aux dérives qui, dans les deux camps, risquent d'aggraver encore cette division, à un moment où notre pays aurait surtout besoin d'unité.
Je condamne fermement les excès homophobes et les manifestations de violence d'une minorité extrémiste. Mais l'accélération du calendrier législatif est aussi une provocation inutile. A quoi servent les quelques semaines gagnées alors que le vote définitif ne fait aucun doute ?
De part et d'autre, sachons raison garder !
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mardi 9 avril 2013
Par Pierre Albertini,
mardi 9 avril 2013 à 23:25 :: General

L'affaire Cahuzac est le révélateur d'une crise politique profonde que d'alternance en alternance, les dirigeants successifs ont été incapables de réduire. Les Français désespèrent de voir le Gouvernement répondre à leurs attentes, ils répondent à une écrasante majorité que les élus sont "plutôt corrompus. Je ne souhaite pas hurler avec les loups mais ne peux cacher une inquiétude qui ne cesse de croître depuis le livre j'avais écrit en...1997 (La crise du politique). François Hollande qui a raté sa dernière intervention envisage à nouveau de parler dans les prochains jours. Quelles solutions s'offrent à lui ?
-annoncer une loi sévère de moralisation politique : nécessaire mais sans effet dans l'immédiat
-engager la France dans un combat contre les paradis fiscaux : illusoire si l'Europe ne s'y engage pas résolument
-relâcher l'effort de rétablissement des finances publiques : démagogique et coupable (la France, avec 200 milliards d'euros, est désormais l'un des plus gros emprunteurs du monde)
La seule parole qu'attendent nos concitoyens est qu'on leur parle, sans détour, de l'emploi, de la santé, de l'avenir de leurs enfants et de leur pays. Ils savent que personne ne fera de miracle, dans l'immédiat, mais espèrent au moins qu'une direction claire soit tracée. Or si le Président veut être crédible sur ce point, il doit rompre avec la gestion calamiteuse qu'il a adoptée depuis mai 2012. A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle ! La seule voie qui s'offre à lui est de former un
gouvernement d'union nationale, composé d'une quinzaine de ministres mettant toute leur énergie au redressement du pays. Tout le reste est littérature et fera le lit du populisme.
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Par Pierre Albertini,
mardi 9 avril 2013 à 22:42 :: General

Jean Peyrelevade animera, jeudi 11 avril, un débat sur "Les priorités économiques de la France". Au moment où notre pays s'enfonce dans les difficultés et le doute, l'analyse de cet économiste reconnu, qui se classe lui-même au centre gauche, sera certainement stimulante.
Haut fonctionnaire, longtemps professeur d'économie à Polytechnique, Jean Peyrelevade a eu un parcours professionnel particulièrement riche. Conseiller économique de Pierre Mauroy, de 1981 à 1983, il a alors mis en oeuvre un programme de nationalisations qu'il n'approuvait pas sur le fond. Dirigeant de grandes entreprises (Suez, UAP), il a ensuite présidé le Crédit lyonnais, pendant 10 ans, de 1993 à 2003. Il est aujourd'hui chairman d'une banque d'investissement européenne Léonardo. Ses chroniques dans la presse sont toujours très pertinentes (la dernière, sur la crise de Chypre a été publiée dans le Figaro du 8 avril).
Nul doute qu'il ferait, selon loi, un excellent ministre de l'économie, dans un gouvernement d'union nationale, consacré entièrement au redressement du pays.
11 avril - Faculté de droit 3,avenue Pasteur- 18 heures
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lundi 25 mars 2013
Par Pierre Albertini,
lundi 25 mars 2013 à 22:58 :: General

Si j'avais un conseil à donner au Président de la République, je lui dirais de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler jeudi. Dans un climat général plus que maussade, deux faits récents devraient l'inciter à faire un usage modéré de la parole publique. Dimanche, dans la circonscription de l'Oise, il n'y a, pour la démocratie, que des perdants. Celui qui perd le plus, c'est le PS, éliminé au premier tour comme l'avait été Jospin, en 2002. Mais l'UMP, avec un candidat qui n'est pas un modèle de vertu, ne s'en sort pas beaucoup mieux. On dira bien-sûr que, dans une partielle, il faut éviter de tirer des conclusions trop générales. Sans doute. Mais le niveau de l'abstention comme le score du FN ne sont pas des signes dépourvus de sens. Le même jour, les manifestants contre le mariage homosexuel, à Paris, sont plus nombreux encore qu'en janvier, prouvant ainsi que le sujet (tel qu'il a été traité) divise et non rassemble la société française. Et puis, sans être un oiseau de mauvais augure, je ne crois pas que demain, les chiffres du chômage seront de nature à dissiper l'inquiétude croissante.
Dans ces conditions, croire que l'on peut y répondre par un exercice de communication, même réussi, est une illusion. Le discours politique est usé, largement discrédité, il ne faut donc en user qu'avec mesure. De deux choses l'une : ou bien François Hollande parle pour annoncer des mesures nouvelles sur ce qui nous préoccupe et il sera peut-être entendu ; ou bien, il se contentera de répéter ce qu'il a déjà dit sans succès depuis une dizaine de mois et sa popularité diminuera encore. Comme l'écrit sans détour Le Monde, "si les politiques continuent de renforcer l'idée qu'ils ne servent à rien, alors la société française n'hésitera pas, demain, à élire un bouffon ou un extrémiste".
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mercredi 20 mars 2013
Par Pierre Albertini,
mercredi 20 mars 2013 à 10:29 :: General

Depuis plusieurs décennies, les Français s'enfoncent dans une dépression collective qu'alimentent, à la fois, la persistance du chômage, le discrédit de la politique et la peur du déclassement. Ils ont le blues, leur confiance dans l'avenir est au plus bas. La France est triste car elle est inquiète. Peu importe que cette inquiétude soit justifiée ou excessive, elle est là , présente au coeur de nos discussions, familiales et professionnelles. Elle nous empêche d'entendre les bonnes nouvelles et nous prédispose à n'écouter que les mauvaises. Comment en sortir, comment retrouver le tonus des "trente Glorieuses", par exemple ?
Deux lectures récentes me confirment dans l'idée que nous avons essentiellement besoin de redonner un sens à notre vivre ensemble, que nous ne pouvons pas nous contenter d'un sauve-qui-peut individuel. Myriam Revault d'Allonnes, philosophe, se demande ainsi dans "La crise sans fin" (Seuil, 2012) si une société "peut se passer d'envisager ses perspectives d'avenir", si elle peut "vivre sans un sens de l'histoire" ? Sa conclusion est claire : même si nous n'avons aucune certitude sur le futur qui nous attend, c'est à nous de "choisir une certaine orientation dans le monde, un fil conducteur en quelque sorte". Daniel Cohen, économiste, fait le même constat dans "Homo economicus, prophète égaré des temps nouveaux" (Albin Michel, 2012). Il ajoute que la réponse ne peut être, selon lui, de nature économique. Car l'économie est un moyen et non une fin. "Penser que la compétition suffira à organiser le monde qui vient relève d'une illusion anthropologique".
Je partage ce point de vue. La réponse collective qu'il nous appartient de forger ne peut être que philosophique, c'est-à -dire fondée sur des valeurs, sur une certaine conception de l'homme et de son rapport avec les autres et avec la nature. Bref, sur un idéal qui nous transcende et qu'il faut inventer.
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mardi 5 mars 2013
Par Pierre Albertini,
mardi 5 mars 2013 à 17:59 :: General

L'université populaire de Rouen invite Kader ABDERRAHIM, chercheur à l'IRIs et maître de conférences à Sciences Po, pour évoquer les enjeux du contrôle et de la pacification de ce vaste territoire, s'étendant des rivages de l'Atlantique à ceux de la Mer rouge, sur une dizaine d'Etats. Ce spécialiste du Maghreb et de l'islamisme nous livrera aussi quelques clés sur les dessous de l'intervention militaire française au Mali.
Maison des Associations (11, avenue Pasteur)
jeudi 7 mars : 18 heures
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dimanche 3 mars 2013
Par Pierre Albertini,
dimanche 3 mars 2013 à 19:47 :: General

J'ai entendu Manuel Valls, pour lequel j'ai beaucoup de sympathie, parler avec bon-sens de la crise de l'autorité que subit notre pays. Il a ainsi dénoncé la montée du communautarisme, la défaillance de l'autorité dans de trop nombreuses familles et à l'école, le discrédit des institutions... J'adhère à son propos républicain. Et pourtant, je ne vois pas comment, dans ce gouvernement, ses idées pourraient se traduire en actes.
Qui relaie en effet ce discours parmi les ministres ? Vincent Peillon mais il peine lui-même à imposer son autorité au sein de son propre ministère. Quant aux autres, ils sont plutôt muets sur ce sujet de société -à l'image du Président- ou prennent le contre-pied de Manuel Valls. Ainsi Mme Taubira ne parle guère des décisions de justice qui ne sont pas exécutées : elle souhaite promouvoir des peines alternatives à l'emprisonnement pour les petits délits : pourquoi pas ? On sait en effet que la prison transforme trop souvent les délinquants en caïds, multirécidivistes. Mais un tel dispositif suppose, pour être efficace, un suivi personnalisé, un encadrement qui font cruellement défaut. Je crains donc que les petits malfrats échappent plus encore à une sanction significative.
Une société ne peut pas vivre sans autorité. Celle-ci existe dans l'entreprise, dans l'administration, comme dans le sport et même au sein des... bandes où elle s'exerce d'ailleurs sans nuances. Il ne s'agit pas de revenir à des formes de commandement qui correspondaient à l'organisation pyramidale et hiérarchisée que nous connaissions autrefois. Il faut en inventer de nouvelles, dans toutes les sphères de notre vie sociale et, en particulier, depuis l'enfance, à l'école et dans la famille. Sans quoi, les valeurs, les repères, les règles du vivre ensemble s'estomperont plus encore, au profit d'une violence aveugle, obéissant aux seuls désirs individuels. Il est temps d'encourager le respect de l'autre, le sens du bien commun, la coopération entre les hommes. Mais hélas, je ne vois guère le gouvernement actuel s'engager résolument dans cette voie salutaire.
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jeudi 21 février 2013
Par Pierre Albertini,
jeudi 21 février 2013 à 20:51 :: General

Le président de la République est-il une incarnation nouvelle du dédoublement de la personnalité, une sorte de docteur Jekyll et Mister Hyde politique ? Il y a bien des signes qui permettent de le penser. Le plus évident est le contraste entre l'attitude martiale adoptée au Mali et l'indécision qui caractérise souvent l'exercice de la plus haute fonction de l'Etat. Dans la première situation, on voit, François Hollande se comporter en chef de guerre, commentant avec force détails l'avancée des troupes, les objectifs assignés à nos soldats : le sentiment qui s'en dégage est la capacité à évaluer les risques, à décider rapidement. C'est évidemment une image positive. Mais, en même temps que s'affirme sur les écrans cette posture (cette statue du commandeur), apparaissent, en creux, les oublis, les hésitations, les couacs de l'action gouvernementale. Parmi les promesses du candidat, où sont la révolution fiscale annoncée, la priorité à la jeunesse, le redressement productif, le choc de compétitivité, le combat contre le chômage, la finance et les inégalités ?
Si le président a caressé l'espoir de voir sa popularité se redresser avec l'intervention militaire au Mali, il va vite déchanter. Bien au contraire, cette opposition de deux styles- l'un énergique, l'autre indolent- ne peut que lui nuire. Car ce qu'attendent les Français, dans leur majorité, ce n'est pas une expédition réussie (aujourd'hui au Mali, hier en Libye), ce sont des résultats tangibles dans les domaines qui les préoccupent : emploi, avenir des jeunes, sécurité, santé, pouvoir d'achat, etc. Pourquoi donc l'énergie dont le président est capable au Mali n'est-elle pas aussi mise au service de ces causes, bien plus mobilisatrices à leurs yeux ? Au lieu de renforcer l'image du chef de l'Etat, ce dédoublement apparent de la personnalité risque de la déstabiliser plus encore .
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mardi 12 février 2013
Par Pierre Albertini,
mardi 12 février 2013 à 14:29 :: General

Pour commémorer le 20e anniversaire de la mort de Jean Lecanuet, une rencontre-témoignage est organisée, le 22 février prochain, à la Halle aux Toiles, de 16 heures à 18h30. Ceux qui ont travaillé à ses côtés et partagé ses engagements diront ce que représente aujourd'hui encore l'homme qui a incarné le centrisme dans notre pays. Un film retraçant les grandes étapes de l'itinéraire de Jean Lecanuet sera présenté à cette occasion.
Entrée libre
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Par Pierre Albertini,
mardi 12 février 2013 à 12:17 :: General

Cette après-midi, les députés vont voter, lors d'un scrutin public, pour ou contre le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux personnes de même sexe. J'entends dire, ici ou là , que certains députés (Lemaire, NKM, par exemple) vont s'abstenir. Je me demande quel sens aurait, sur un texte aussi important, un refus de se prononcer. On peut être favorable ou défavorable, selon sa conscience. Ces deux attitudes sont respectables, l'une et l'autre. Mais peut-on se réfugier dans un ni "oui" ni "non", une espèce de réponse normande, une courageuse fuite en-avant, sur un sujet aussi symbolique ? La seule explication que j'entrevois n'est pas très reluisante : ne se mettre à dos personne, ne pas mécontenter telle ou telle frange de l'électorat. Ce n'est pas ce que les électeurs attendent de leurs élus.
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vendredi 8 février 2013
Par Pierre Albertini,
vendredi 8 février 2013 à 14:52 :: General

Les 27 sont réunis à Bruxelles pour fixer le volume des budgets à venir de l'UE, pour la période 2014-2020. L'enveloppe envisagée est d'environ 960 milliards d'euros, soit un peu moins de 140 par an. Pour le commun des mortels, ces sommes peuvent paraître astronomiques. La réalité est beaucoup plus modeste. Globalement, le budget européen est plafonné à 1 % de la richesse de l'Union, ce n'est donc pas lui qui va faire déraper les finances publiques des 27 pays membres. Par rapport aux propositions initiales de la Commission, des coupes de l'ordre de 80 milliards ont été déjà pratiquées. Plus concrètement encore, la comparaison entre le budget annuel de la France (370 milliards) et le budget de l'Union (140) relativise les sommes en jeu. Pourtant, c'est à une véritable foire d'empoigne que l'on assiste tant la montée des égoïsmes nationaux est forte.
Le discours des chefs d'Etat et de gouvernement est schizophrénique : chacun réclame plus d'intégration, de solidarité européennes mais, dans le même temps, négocie pied à pied le maintien des avantages acquis et la réduction de sa contribution. L'enjeu est pourtant évident. Comment éviter l'austérité, relancer les investissements (innovation, recherche, infrastructures) dans un cadre budgétaire plus contraint encore que les années précédentes ? François Hollande joue gros dans cette affaire. Si l'on continue de faire des coupes sombres dans le budget de l'UE, c'en sera fini du fameux "pacte de croissance" qu'il disait avoir obtenu d'Angela Merkel, en 2012. Ce dernier était déjà modeste, il sombrera vite dans l'oubli. Ce n'est pas ainsi que l'Europe, et avec elle les pays membres, redressera son industrie et sa créativité et réduira le niveau du chômage. Il reste heureusement le Parlement européen qui aura à approuver le budget qui lui sera présenté. J'espère qu'il le refusera si, comme tout le laisse croire, le Conseil européen a cédé aux sirènes de la résignation. Mesdames, Messieurs les parlementaires européens, un peu de courage !
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