La France est l'un des pays d'Europe où le taux de chômage des jeunes actifs est le plus élevé : 22,8 %, en novembre 2005. Depuis 30 ans, les gouvernements successifs ont multiplié les programmes et les plans d'urgence : travaux d'utilité collective (1984), contrats emploi-solidarité (1990), contrats d'insertion professionnelle (1993), emploi-jeunes (1997),...
Dominique de Villepin propose maintenant le contrat de première embauche, applicable aux jeunes de moins de 26 ans avec une période d'essai de 2 ans.
Mon sentiment est qu'il aurait fallu tenir compte du niveau de qualification et d'insertion - très inégal - de cette tranche d'âge. Ce sont surtout les non-qualifiés qui sont au chômage (40 %), travaillent à temps partiel (22 %) ou en intérim (11%). En revanche, parmi les diplômés de l'enseignement supérieur (Bac +2, second cycle ou troisième cycle), la proportion de demandeurs d'emploi diminue sensiblement (de 7 à 10 %) et l'accès à un CDI est largement majoritaire (de 66 % à 81 %). source : enquête du CEREQ (sept. 2005). Les jeunes sortis su système scolaire en 2001

Cette confusion des situations, en réalité très différentes, fait du contrat de première embauche un dispositif dangereux, à mes yeux. Il serait utile pour faciliter l'accès au travail des jeunes pas ou faiblement qualifiés (sans diplôme ou de niveau CAP ou BEP).
En revanche, il risque de "tirer vers le bas" les jeunes qui, aujourd'hui, obtiennent en assez grand nombre un emploi durable.Beaucoup d'employeurs auront tendance à leur proposer un CPE plutôt qu'un CDI, sachant que, pendant deux ans, leur licenciement sera facilité (absence de motivation).

Ma proposition est donc de limiter l'usage du CPE aux non-qualifiés.

Si ce n'est pas le cas, je voterai contre ce dispositif.