Les caricatures du prophète Mahomet
Par Pierre Albertini, dimanche 12 fĂ©vrier 2006 à 18:29 :: General :: #13 :: rss
Pierre Desproges disait qu'on peut se moquer de tout mais pas avec n'importe qui. Son jugement peut-il nous aider à trancher la difficile question de l'équilibre entre liberté d'expression et respect des convictions religieuses ?
En 1989 déjà , le romancier Salman Rushdie avait provoqué avec son livre la colère des mosquées. Aujourd'hui, les caricatures danoises, relayées par la presse, provoquent à nouveau une onde de choc dans la communauté musulmane.
Ce sont deux conceptions qui s'affrontent. Dans les démocraties occidentales, l'attachement à la liberté d'expression en général et de la presse en particulier ne se discute pas. Du journaliste à l'humoriste en passant par l'artiste, il y a même une tradition de la dérision qui autorise à rire de (presque) tout, du Pape au Chef de l'Etat.
Dans les pays musulmans, le déficit démocratique se conjugue avec l'existence de nombreux tabous dans le domaine religieux. Ainsi, le maniement des figures et des caricatures y est beaucoup plus rare. Chez certains (les sunnites par exemple), il est même considéré comme offensant, voire interdit.
Mais la communauté musulmane est loin d'être unie. La preuve en est qu'il y a des manifestations violentes dans certains pays et pas dans d'autres. Il faut donc se garder des généralisations hâtives comme d'une sorte de naïveté. Il y a bien un islam "modéré", respectueux de l'humanisme et un islam intégriste qui confine au fanatisme. Ce dernier utilise la religion à des fins politiques, les pouvoirs en place tentent de mobiliser les masses dans un combat de civilisations.
On voit combien l'interprétation des textes peut différer. N'oublions pas qu'en Europe aussi, on a commis les pires atrocités au nom de Dieu ! Dans ce débat de fond, ma position personnelle tient en 3 propositions :
- la liberté d'expression, reconnue par la Déclaration de 1789, est sacré, elle est le socle de la démocratie. Il faut la défendre chaque fois qu'elle est menacée. Les gouvernements européens n'ont donc ni à se justifier ni à s'excuser à l'égard de quiconque dans l'affaire des caricatures.
- seul, le juge peut dire, cas par cas, s'il y a "abus" de la liberté, dans les conditions définies par la loi. On le verra prochainement avec la plainte déposée par le C.F.C.M. contre Charlie-Hebdo et France Soir.
- au-delà de ces principes, les journalistes devraient définir eux-mêmes une charte de déontologie régissant l'exercice de leur irremplaçable mais exigeante profession.
Commentaires
1. Le lundi 13 fĂ©vrier 2006 à 15:20, par zaza
2. Le lundi 13 fĂ©vrier 2006 à 20:16, par Michel1
3. Le mardi 14 fĂ©vrier 2006 à 10:56, par Evariste
4. Le mardi 14 fĂ©vrier 2006 à 23:11, par zaza
5. Le mercredi 15 fĂ©vrier 2006 à 09:05, par evariste
6. Le jeudi 16 fĂ©vrier 2006 à 09:55, par Jules
7. Le jeudi 16 fĂ©vrier 2006 à 19:23, par Michel1
8. Le jeudi 16 fĂ©vrier 2006 à 22:37, par FredHook
9. Le vendredi 17 fĂ©vrier 2006 à 14:31, par bolduc737
10. Le vendredi 17 fĂ©vrier 2006 à 16:19, par Jules
11. Le vendredi 17 fĂ©vrier 2006 à 20:15, par bolduc737
12. Le mardi 21 fĂ©vrier 2006 à 11:47, par François
13. Le mardi 21 fĂ©vrier 2006 à 11:48, par François
14. Le mardi 21 fĂ©vrier 2006 à 19:55, par chouchou
15. Le dimanche 26 fĂ©vrier 2006 à 15:54, par Rod
16. Le lundi 27 fĂ©vrier 2006 à 22:40, par zlabia
17. Le mardi 7 mars 2006 à 13:30, par Bolduc737
18. Le lundi 13 mars 2006 à 23:29, par zlabia
19. Le mercredi 15 mars 2006 à 09:42, par Michel1
20. Le jeudi 16 mars 2006 à 16:26, par zlabia
21. Le vendredi 17 mars 2006 à 14:02, par mekita
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