Le collectif "Sauvons la recherche" a mobilisé depuis deux ans une grande partie de la communauté scientifique. Ce n'est pas un hasard. La France a, peu à peu, perdu du terrain dans la compétition que se livrent les grandes nations. On le constate à plusieurs signes : - effort de recherche et développement (seules, la Finlande et la Suède consacrent plus de 3% de leur PIB à la R & D comme le recommandait la stratégie de Lisbonne, adoprée en 2000) - nombre de brevets déposés (inférieur de moitié à celui de l'Allemagne) - investissements insuffisants dans les sciences du vivant et les technologies de l'information - découragement de jeunes chercheurs et fuite de cerveaux vers les Etats-Unis. Il n'y a qu'une issue pour la France et pour l'Europe : combler leur retard par un gigantesque effort, public et privé (dans notre pays, les dépenses de R & D des entreprises privées sont notablement insuffisantes, ce qui explique la perte de qualité de nos produits manufacturés et le déficit de notre balance commerciale). Dans le débat qui s'ouvre, je m'efforcerai d'améliorer le texte présenté sous plusieurs aspects : - reconnaître la recherche sous toutes ses formes (fondamentale, économique, sociétale) comme d'"intérêt public" et affirmer le lien avec la formation; - introduire plus de cohérence dans le dispositif de soutien à la recherche : le projet de loi ne précise pas assez le rôle respectif des deux Agences qu'il veut créer (Agence Nationale de la Recherche et Agence Industrielle de l'Innovation); - soutenir plus fortement les doctorants et les jeunes équipes dont la créativité, non handicapée par une gestion bureaucratique, est la plus prometteuse. En résumé, le texte gouvernemental, même amélioré par le Sénat, est encore loin de répondre à toutes les attentes. Mon vote final sera donc fonction du débat et du sort réservé aux amendements que j'ai rédigés. Débat Assemblée Nationale : 28 février, 1 et 2 mars 2006.