Depuis l'origine, je pense que le CPE est une mauvaise réponse car il propose le même type de contrat aux jeunes, quel que soit leur niveau. Hugues Bertrand, ancien directeur du CEREQ (Centre d'études et de recherches sur les qualifications, vient de porter sur le sujet la même appréciation (Le Monde du 24 mars) : le CPE "contient une erreur de tir manifeste. Il concerne toute la jeunesse, alors que les conditions d'insertion des jeunes varient considérablement selon leur niveau de formation. Le CPE place les jeunes diplômés dans un marché du travail de deuxième catégorie, sans que cela ait la moindre utilité économique, alors que nous avons besoin de chercher des réponses de ce type pour les jeunes sans qualification, qui ont beaucoup de mal à accéder à l'emploi". Cela explique que les jeunes dans la rue soient surtout des lycéens et des étudiants et non pas ceux qui galèrent le plus pour trouver un emploi stable. Ce paradoxe génère une crise profonde dont il faut sortir au plus vite. Pour moi, le Premier ministre ne serait pas déshonoré s'il reconnaissait qu'il y a maldonne et remettait l'ouvrage sur le métier. Cette correction de trajectoire est maintenant urgente. Car ce que j'ai vu cet après-midi, à Rouen, a de quoi inquiéter. Des casseurs se mêlent aux manifestants et profitent des cortèges pour pratiquer toutes sortes d'exactions (bris de mobilier, vols). Ce pourrissement n'est évidemment bon pour personne.