Si j'en juge par l'intensitĂ© des Ă©changes entre nous et entre blogs, le dĂ©bat est bien (re)lancĂ©. Il est sain qu'en matiĂšre d'architecture, chacun puisse dire son mot car il s'agit bien de notre cadre de vie. Je souhaite simplement que cet Ă©change respecte la diversitĂ© et la sincĂ©ritĂ© des opinions. C'est la condition du dialogue. Un peu comme la nouvelle construction devra elle-mĂȘme dialoguer avec son environnement bĂąti.

Naturellement, le lieu est tellement chargĂ© d'histoire et de spiritualitĂ© qu'il y a une exigence de qualitĂ©. L'Ă©difice devra ĂȘtre de facture contemporaine sans ĂȘtre pour autant provocatrice. Cet Ă©quilibre n'est pas facile Ă  trouver, d'oĂč la longue instruction conduite Ă  Paris. Une chose est sĂ»re cependant : tout jugement sur le projet avant sa prĂ©sentation au public, Ă  la fin de ce mois, est prĂ©maturĂ©.

Personnellement, je n'ai jamais accablé l'actuel Palais des CongrÚs, dû à l'architecte local Jean-Pierre Dusseaux et inauguré en 1975. Mais depuis sa fermeture pour des raisons de sécurité (insuffisance des issues de secours), en 1996, je considÚre que l'édifice n'a plus de sens puisqu'il est devenu impropre à l'usage pour lequel il avait été bùti.

Enfin, Ă  ceux qui s'interrogent sur la propriĂ©tĂ© et la destination de l'espace, j'apporte les prĂ©cisions suivantes. 1- L'actuel Palais des CongrĂšs est la propriĂ©tĂ© du Consortium de RĂ©alisations, chargĂ© de vendre les actifs du...CrĂ©dit Lyonnais (affaire de sinistre mĂ©moire pour les contribuables). 2- Il y a bien une obligation de reconstruire sur place et dans le mĂȘme volume : en effet, le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur, approuvĂ© par dĂ©cret du 19 novembre 1982, impose le maintien d'un front de constructions au nord du parvis pour mieux respecter le caractĂšre de citĂ© mĂ©diĂ©vale de Rouen. A l'Ă©poque, un dĂ©bat entre historiens et spĂ©cialistes de la conservation avait conclu Ă  cette nĂ©cessitĂ©. Je n'ai aucune raison de mettre en cause ce choix 25 ans plus tard.