Mardi 16 mai : débat et vote sur la motion de censure
Par Pierre Albertini, dimanche 14 mai 2006 à 20:38 :: National :: #56 :: rss

Une motion de censure a été déposée, par les députés socialistes, contre le Gouvernement. Elle donnera lieu à un vote solennel, mardi prochain. Conformément à la Constitution (article 49), "seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée". Soit 289 suffrages. Autant dire que cette exigence ne sera pas atteinte. Mais l'absence de suspense n'interdit pas de se situer sur le plan des principes.
A mon sens, on assiste depuis les années 80 à une dérive des institutions telles que le Général de Gaulle les avaient voulues : un Président détenteur de l'autorité politique mais ne l'exerçant qu'avec la confiance des Français. Le respect de cette condition l'avait conduit à démissionner, de sa propre initiative, après le référendum négatif d'avril 1969. Or cette conception de la responsabilité a été pervertie lorsqu'en 1986, François Mitterrand reste au pouvoir après sa défaite aux législatives : il appelle alors comme Premier ministre Jacques Chirac qui, de son côté, accepte d'exercer ses fonctions dans une cohabitation "entre chiens et loups". Ce scénario s'est reproduit, depuis, en 1993 (avec Edouard Balladur) et en 1997 (avec Lionel Jospin). Le maintien au pouvoir à tout prix, avec l'espoir secret d'éliminer son adversaire, ruine l'interprétation gaullienne de la Constitution.
La conséquence de cette nouvelle pratique est un affaiblissement de la fonction présidentielle et, plus encore, un exercice indécis du pouvoir. Comment les citoyens peuvent-ils s'y retrouver ? Une nouvelle étape a été franchie lorsque la rivalité entre Président et Premier ministre s'est doublée d'une seconde, au sein même du Gouvernement. "Tu fus mon ennemi même avant que de naître, Et tu le fus encore quand tu me pus connaître", dit Auguste, dans Cinna. Dans ces conditions, est-il excessif de parler de déliquescence et de discrédit ? Je ne le crois pas.
J'aurais donc toutes les raisons de voter la censure, le 16 mai. Pourtant, je ne le ferai pas. Je n'ai aucune envie de mêler ma voix à ceux qui ont participé, de près ou de loin, aux écoutes téléphoniques ou à l'affaire Green Peace ou qui ont cautionné un exercice machiavélique du pouvoir. Ils n'ont aucun titre à donner des leçons.
De Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous !
Commentaires
1. Le dimanche 14 mai 2006 à 20:54, par chouchou
2. Le dimanche 14 mai 2006 à 21:55, par Le Politoscope
3. Le lundi 15 mai 2006 à 09:30, par Michel1
4. Le lundi 15 mai 2006 à 15:49, par le Polak
5. Le lundi 15 mai 2006 à 16:05, par chouchou
6. Le lundi 15 mai 2006 à 17:25, par Monsieur Julien
7. Le lundi 15 mai 2006 à 17:34, par bolduc737
8. Le lundi 15 mai 2006 à 17:36, par Pedra
9. Le lundi 15 mai 2006 à 18:16, par charles
10. Le lundi 15 mai 2006 à 18:16, par charles
11. Le lundi 15 mai 2006 à 18:16, par charles
12. Le lundi 15 mai 2006 à 19:14, par nicolas octau
13. Le mardi 16 mai 2006 à 09:32, par SĂ©nèque
14. Le mardi 16 mai 2006 à 17:54, par Edouard LEFEVRE
15. Le lundi 22 mai 2006 à 13:58, par FrĂ©dĂ©ric CROCHET (FredHook)
16. Le mardi 23 mai 2006 à 12:05, par gaulois
17. Le mardi 23 mai 2006 à 15:08, par Claude
18. Le dimanche 28 mai 2006 à 22:21, par Erasme
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