Consécutivement, deux sondages viennent confirmer le scepticisme des Français à l'égard des notions classiques de droite et de gauche. Les 2/3 répondent "non" à l'aptitude de l'une ou de l'autre à résoudre les problÚmes du pays et souhaitent la mise en place d'un Gouvernement d'union à l'allemande. Comment interpréter ces réponses ?
Elles expriment d'abord le constat que les Gouvernements successifs, au-delĂ  de discours diffĂ©rents, n'ont pu agir sur le rĂ©el et modifier le cours des choses. Aussi, la majoritĂ© de nos concitoyens aspirent Ă  la mise en oeuvre d'une autre politique, par d'autres voies : celle qui leur paraĂźt la plus efficace est le rassemblement de nos forces dans un Gouvernement d'union tel que le PrĂ©sident aurait dĂ» le composer, aprĂšs son Ă©lection par 82 % des Ă©lecteurs, en mai 2002. Ils sont convaincus que cette diversitĂ© favorisera la recherche de solutions communes pour l'intĂ©rĂȘt du pays.

Est-ce Ă  dire que les notions de droite et de gauche n'ont plus de sens ? Je ne le crois pas. Mais elles sont fondĂ©es aujourd'hui sur des critĂšres dĂ©passĂ©s. Sur la plupart des problĂšmes de notre temps (Europe, marchĂ©, mondialisation, rĂ©gulations Ă©conomiques, Ă©ducation, solidaritĂ©...) les clivages traversent les partis politiques eux-mĂȘmes.
C'est à une refondation du débat qu'appellent ces réponses récentes aux sondages.