Ce dimanche, les cĂ©rĂ©monies en l'honneur de Jeanne d'Arc ont Ă©tĂ© placĂ©es sous la prĂ©sidence d' Alain Sadourny, historien et l'un des fondateurs de l'universitĂ© de Rouen dont on aurait dĂ» fĂȘter le 40e anniversaire cette annĂ©e. Ce fut l'occasion, pour moi, de rendre hommage Ă  tous ceux qui ont militĂ© pour la crĂ©ation, Ă  Rouen, d'une universitĂ© de plein exercice. Aujourd'hui, ce sont 40.000 Ă©tudiants qui poursuivent des Ă©tudes supĂ©rieures (universitĂ©, classes prĂ©paratoires, grandes Ă©coles, BTS) dans l'agglomĂ©ration, soit 10 % de la population. Qui aurait prĂ©vu une Ă©volution aussi rapide en 1966 ?
Evoquant le long processus de rĂ©habilitation de Jeanne d'Arc, commencĂ© peu aprĂšs la libĂ©ration de notre ville et achevĂ© le 7 juillet 1456, j'ai conclu ainsi mon discours : "En rĂ©alitĂ©, Jeanne d'Arc Ă©tait dĂ©jĂ  entrĂ©e dans la lĂ©gende : le peuple de France admirait la Pucelle depuis longtemps dĂ©jĂ . Il en avait fait un symbole, bien avant l'Eglise et l'Etat qui attendirent 1920 avant de la canoniser et d'en faire une hĂ©roĂŻne nationale. Il y a plusieurs façons d'honorer Jeanne d'Arc. On peut voir en elle la sainte guidĂ©e par les commandements de Dieu, la jeune paysanne aux sentiments nobles et purs, le capitaine rĂ©glant l'artillerie et galvanisant ses troupes, la suppliciĂ©e dĂ©vorĂ©e par les flammes du bĂ»cher et s'abandonnant Ă  son sort. Il y a aussi plusieurs façons d'aimer Jeanne. Priante, souffrante, rayonnante, humble pour elle-mĂȘme et ambitieuse pour son roi, elle est l'image de la France. Celle qui ne se rĂ©signe pas. Celle qui se rassemble aprĂšs les mauvais jours. Celle enfin qui sait qu'entre le sabre et l'esprit, c'est toujours l'esprit qui triomphe".