Un conseiller gĂ©nĂ©ral de Rouen (facile Ă  identifier) s'est cru bien inspirĂ© en portant sur moi un jugement que je ne rĂ©siste pas au plaisir de vous livrer s'il vous avait Ă©chappĂ© : "il est un excellent gestionnaire, je lui accorde 100 %. C'est un honnĂȘte homme droit et fiable aussi Ă  100 %. Il est travailleur aussi Ă  plus de 100 %. C'est un bon orateur mais malheureusement il manque dĂ©sespĂ©rĂ©ment de charisme. Sa note ne dĂ©passe pas les 2 %" (LibertĂ© Dimanche du 28 mai).
Au premier abord, je me suis demandĂ© Ă  quel titre cet Ă©lu s'attribuait le droit de porter un jugement aussi personnel sur l'un de ses collĂšgues. Cela m'a d'autant plus surpris que les attaches philosophiques de l'intĂ©ressĂ© (recherche de la vĂ©ritĂ©, amĂ©lioration de l'homme et de la sociĂ©tĂ©) s'accordent mal avec ce genre de rĂ©action. Dans un second mouvement, j'ai relativisĂ© le propos et l'ai plutĂŽt pris pour un compliment. Par les temps qui courent, les qualitĂ©s de gestion, de travail et d'honnĂȘtetĂ© qui me sont prĂȘtĂ©es ne sont-elles pas plus importantes que le charisme ? Au moins, cela se discute.