Le 13 juin, l'UDF a proposé, dans un "café citoyen", de débattre de l'emploi des jeunes. Sujet important après les manifestations du printemps dernier contre le CPE qui témoignent de l'inquiétude ressentie parles jeunes et par leurs familles. Pour ouvrir la discussion, j'ai posé quelques jalons puis formulé plusieurs questions pour faire progresser le débat.

Une réalité contrastée :

L'ensemble des jeunes âgés de 15 à 24 ans forme dans notre pays une population de 7 800 000 personnes (source 2003-2004). Comment se répartissent ces jeunes ?

-60 % sont scolarisés (sur les bancs de l'école ou de la faculté)
-27 % ont un emploi
-les autres sont au chĂ´mage (7,8) ou inactifs (5,6)
Le taux de chômage fin 2005 était chez les jeunes actifs, en état de travailler, de 22,8 % : cela représentait 618 000 jeunes. Comme je n'ai cessé de le dire à l'occasion de la discussion sur le CPE, le parcours vers l'emploi s'est fortement dégradé depuis trente ans : le chômage des jeunes a été multiplié par plus de 3 pendant cette période. Cependant, la formation reste un rempart efficace contre le chômage. Ainsi, ce sont surtout les non-qualifiés qui sont exclus du travail et plus encore de l'accès à un CDI : une étude du CEREQ sur les jeunes sortis du système scolaire en 2001 montre que, trois ans après, 71 % ont un CDI mais que le chômage frappe encore 40 % des non-qualifiés !

La situation française dans l'ensemble européen, est donc médiocre, elle est nettement plus préoccupante si l'on ajoute au chômage des jeunes un taux d'emploi des séniors parmi les plus faibles, nous faisant subir ainsi un double handicap.

Questions pour aller plus loin :

- Faut-il une politique spécifique pour les jeunes ?
Il est permis d'en douter si l'on en juge par la multiplication des plans mis en oeuvre depuis 30 ans et par la modicité des résultats obtenus. La vraie question n'est-elle pas plutôt celle de la quantité de travail fournie et de la compétitivité de la "Maison France" ? Pour créer des emplois et favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, n'est-ce pas d'abord l'initiative, la créativité, l'innovation qu'il faut libérer ? Rappelons que notre pays a une forte productivité par heure travaillée mais souffre d'un chômage structurel élevé et fournit globalement un volume de travail inférieur à celui de nos concurrents.

- Comment améliorer l'information, l'orientation des jeunes et lutter contre l'échec scolaire ? Chaque année, 160 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification , c'est un énorme gâchis !
- Quel équilibre trouver entre fléxibilité et sécurité ? Faut-il un seul ou plusieurs types de contrat de travail ? Comment améliorer le suivi personnalisé des demandeurs d'emploi ?


N'hésitez-pas à donner votre point de vue.