"Prélude à l'Apocalypse", tel est le titre du chapitre consacré aux bombardements de la nuit du 18 au 19 avril 1944 par R.G. Nobécourt ("Rouen Désolée", 1949) :

"Quelques-uns des monuments, parmi les plus familiers de la ville et les plus admirés du monde, sont mutilés, écorchés, pantelants ; de leurs plaies béantes s'écoulent leur mystère et leur charme ainsi qu'un beau sang précieux. Le flanc sud de la cathédrale qui, depuis juin 40, se baignait de lumière, a été labouré par les bombes. Entre la Tour de Beurre et la Calende, les chapelles latérales sont détruites ; le petit portail des Maçons a disparu ; des arcs-boutants de la nef ont été arrachés.[...]Quelle tornade a traversé le grand vaisseau trop blanc ? Quel souffle l'a pareillement dévasté ? L'orgue du choeur est pulvérisé, le trône archiépiscopal abattu, les stalles gothiques du XVe siècle[...] sont éparpillées en menus morceaux. L'un des piliers où s'arc-boute la tour centrale est ébréché et une entaille un peu plus profonde aurait pu provoquer l'écroulement de la flèche".