Les jeunes UDF ont invité, à la Grande Motte, des orateurs venus d'horizons différents, "avec leurs armes et leurs bagages", pour débattre d'environnement (Nicolas Hulot), d'Europe (Michel Barnier), d'Education nationale (Michel Rocard). Il ne s'agissait évidemment ni de débauchage ni de ralliement mais d'une confrontation de points de vues, habituelle dans d'autres pays. Sur des sujets de cette importance, n'est-ce pas l'expression normale de la démocratie ?

Personnellement, j'ai participé au débat avec Michel Rocard. J'en retiens plusieurs points de convergence :
- la nécessité d'une concertation avec les acteurs (on ne réforme pas cette grande maison sans l'adhésion des enseignants)
- l'intérêt de se fixer des objectifs atteignables, créant des effets d'entraînement sur l'ensemble
- la durée et la continuité, sans lesquelles aucune véritable évaluation n'est possible (réforme sur réforme ne vaut)
- la préférence à accorder à la diversité des parcours et des filières sur la construction d'un modèle unique.
Faisant application de cette méthode pragmatique, j'ai suggéré 3 améliorations à apporter à l'enseignement supérieur (oublié) et à la recherche (négligée) :
- la modification et l'augmentation des moyens alloués à l'université (la France consacre seulement 9200 dollars à ses étudiants contre 15000 en Suède et plus de 20000 aux Etats-Unis)
- l'introduction en classes terminales des lycées d'une initiation aux méthodes et à la recherche personnelle (dans les formations générales, près d'un étudiant sur 2 échoue, il faut à tout prix éviter ce gâchis humain)
- l'augmentation des allocations versées aux jeunes chercheurs qui, découragés, ont tendance à déserter notre pays.

L'accord des participants s'est rapidement fait sur de telles propositions. En outre, celles-ci ne nécessitent aucune loi. C'est la volonté politique qui fait le plus défaut. Raison de plus pour rassembler sur de tels sujets, au-delà des étiquettes politiques, tous ceux qui s'accordent sur ces priorités.