J'avoue humblement qu'il est difficile d'avoir sur ce sujet une position définitive. Mes deux seules certitudes sont, d'une part, que le monde de l'énergie est en mutation, d'autre part, que l'énergie sera de plus en plus chÚre.
Aujourd'hui, la consommation mondiale est assurĂ©e par 3 grandes Ă©nergies fossiles : le pĂ©trole (40%), le gaz naturel (25%) et le charbon (25%). Le gaz naturel est la moins polluante et se dĂ©veloppe assez rapidement. Les principaux producteurs sont la Russie (peut-ĂȘtre la plus importante rĂ©serve du monde), les Etats-Unis et loin derriĂšre, le Canada, le Royaume-Uni, l'AlgĂ©rie, l'Iran, la NorvĂšge...La production française est, quant Ă  elle, en voie d'extinction.

Comment assurer la sĂ©curitĂ© de nos approvisionnements ? comment veiller aux obligations de service public et protĂ©ger les intĂ©rĂȘts des consommateurs ?
La crĂ©ation d'un grand groupe industriel (le 1er europĂ©en) est sĂ©duisante car elle s'inscrit dans une perspective internationale de concentration de l'industrie et d'ouverture Ă  la concurrence (1er juillet 2007). Un ensemble Ă©lectro-gazier de grande taille paraĂźt alors plus Ă  mĂȘme de diversifier nos sources, d'investir et de discuter les prix.
A l'inverse, les adversaires de la fusion pensent que les tarifs rĂ©glementĂ©s prĂ©vus par le projet de loi sont un leurre et que l'approvisionnement en gaz doit ĂȘtre assurĂ© par une entreprise publique. Certains proposent mĂȘme un contre-projet : une fusion EDF-GDF que la Commission de Bruxelles a peu de chances d'approuver au nom de la concurrence.


OĂč se situe le principal risque ? Dans une dĂ©fense du statu quo ou dans une fusion qui fera tomber la part de l'Etat Ă  34% ? Il est permis de rĂ©flĂ©chir. Comme disait Condorcet, "les amis de la vĂ©ritĂ© sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l'avoir trouvĂ©e".