La rencontre annuelle du président du Conseil général avec les maires s'est déroulée ce matin, au Havre. Elle a notamment donné lieu à la présentation d'un questionnaire réalisé par l'IFOP auprès d'un échantillon de 800 habitants, représentatifs du département. On y apprend que l'amélioration du pouvoir d'achat vient loin devant la réduction du chômage. Cette priorité a de quoi surprendre et je l'ai fait remarquer aux élus présents.

Naturellement, il serait absurde de nier les difficultés qu'éprouvent beaucoup de nos concitoyens qui travaillent à joindre les deux bouts. L'évolution du pouvoir d'achat des ménages stagne et ne couvre pas certains besoins élémentaires (loyers) ou nouveaux (téléphonie par exemple). On parle à ce sujet de "salariés pauvres". Cependant, faut-il pour autant oublier les 3 à 4 millions de personnes aujourd'hui exclues du travail ? Cette inégalité est, pour moi, la plus injuste de toutes. Car elle porte atteinte à la dignité à laquelle chacun a droit et détruit la cohésion nationale. L'absolue priorité de l'action publique, à mes yeux, doit être la lutte contre le chômage.

Malheureusement, les organisations syndicales ne regroupent guère de demandeurs d'emploi. Il y a donc tout lieu de craindre qu'elles se mobilisent sur le pouvoir d'achat plus que sur l'emploi. Et ce que disent certains candidats à la présidence de la République n'est pas fait pour me rassurer. Une fois encore, on risque d'arbitrer en faveur de ceux qui ont un travail contre ceux qui n'en ont pas.