Après l'éhec retentissant du CPE, le Gouvernement a mis en place (pourquoi ne pas l'avoir fait avant ?) une Commission Université-Emploi. Celle-ci a remis un rapport d'étape, après de nombreuses auditions et débats, et suggéré des mesures d'urgence. Rappelons quelques données :
- le taux d'échec des jeunes entrés dans l'enseignement supérieur est de 20 %
30 % des bacheliers technologiques en sortent sans diplôme et 61 % des bacheliers professionnels.
- l'insertion professionnelle des diplômés se dégrade. Ainsi, 3 ans après leur sortie, 11 % des diplômés sont au chômage.
- la France n'a pas trop d'étudiants. Avec 2,2 millions d'étudiants, elle compte hélas moins de diplômés de l'enseignement supérieur que plusieurs pays développés. Cela est dû en grande partie à un défaut d'information et d'orientation.

Suggestion personnelle peu coûteuse et d'application immédiate : l'obligation pour les universités de créer un site internet comportant pour chaque discipline les renseignements suivants :
- présentation des matières enseignées, modalités du contrôle des connaissances
- pourcentage de réussite aux examens selon le bac, nombre d'inscrits par discipline.
Au-delà de ces indicateurs disponibles aujourd'hui, chaque université devra mettre en place un suivi des étudiants après leur sortie. Ainsi, à terme, le site de toute université contiendra une évaluation de l'insertion professionnelle des diplômés. Celles qui assureraient le suivi le plus complet recevraient une dotation majorée, pour créer une émulation bienfaitrice.

Je suis opposé, personnellement, à une sélection à l'entrée (elle existe déjà pour les grandes écoles et pour médecine-pharmacie). Mais on ne peut supporter encore longtemps un tel gâchis, pour les jeunes, mal orientés et déçus, et pour la nation, privée d'un potentiel important. Globalement, notre université et notre recherche ont besoin d'un effort soutenu, pendant plusieurs années. Seule, une loi de programme les replacera au top.