Blog de Pierre Albertini

mercredi 29 novembre 2006

Quelle capitale pour une Normandie réunifiée ?



Depuis plus de 10 ans, je milite pour une réunification de la Normandie et déplore, à ce propos, la frilosité de nombreux élus. Je pense sincèrement que la difficulté de choisir une capitale ne doit pas servir de prétexte à l'inaction. C'est pourquoi, j'ai proposé de longue date que les institutions soient partagées harmonieusement entre les 3 grandes villes normandes : par exemple, la préfecture de région à Caen, le Conseil régional à Rouen et le Conseil économique et social au Havre. Cette répartition aurait d'aileurs l'avantage de ne pas reproduire en région le centralisme qu'on reproche à l'Etat jacobin.

Aussi j'ai été surpris de lire ici ou là que j'aurais approuvé le choix de la seule ville de Caen comme future capitale régionale. Ce n'est évidemment pas conforme aux propositions que j'ai faites et à la motion que Catherine Morin-Desailly et moi avons validée, à la veille d'une réunion publique à laquelle nous ne pouvions participer ni l'un ni l'autre. Le meilleur moyen de faire reculer la réunification , c'est d'opposer les villes entre elles, au lieu de les faire adhérer à un projet commun.

dimanche 26 novembre 2006

La Grande Poste se dévoile



Curieuse destinée que celle de cet immeuble dont la construction commencée avant la guerre n'a été achevée qu'après la Libération. La Poste a entrepris de ravaler la façade rue Jeanne d'Arc, qui nous est restituée comme à l'origine dans les lignes caractéristiques de l'architecture des années 30.
Pour compléter notre plaisir, il restera à rénover le bureau de Poste.

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samedi 25 novembre 2006

A propos d'Ingrid Betancourt

Après la rupture des négociations entre le Président de la République de Colombie et les FARC, j'ai écrit à l'Ambassadeur pour lui exprimer notre déception et notre inquiétude. Celui-ci vient de me répondre. Dans sa lettre, il confirme hélas que ces négociations ne reprendront pas tant que des attentats se produiront en Colombie pour éviter qu'elles apparaissent comme "le produit d'agissements terroristes réussis". On tourne en rond ! En revanche, il fait état d'un progrès significatif dans les discussions qui se poursuivent à La Havane entre le Gouvernement colombien et l'ELN. On voudrait le croire !

Jumelage Hanovre-Rouen



Dans le cadre du 40e anniversaire du jumelage, Rouen accueille une délégation d'une douzaine d'amis allemands, conduits par leur nouveau maire. Que de chemin parcouru depuis la dernière guerre ! L'amitié franco-allemande est solide et confiante. Nous nous sentons chez nous en Allemagne comme les Allemands se sentent chez eux en France.

Ce matin, une séance de travail a été l'occasion de comparer nos préoccupations et nos méthodes de travail. Des deux côtés, la situation des finances publiques est tendue. Hanovre a dû réaliser des économies budgétaires drastiques pour faire face aux dépenses indirectes de la montée du chômage. Dans le domaine du développement durable, les Allemands sont nettement en avance sur nous, notamment en matière d'éco-construction. En revanche, pour la politique familiale et les crèches, les élus français se sont plus impliqués que leurs homologues d'outre-Rhin pour rendre compatible le travail des femmes et l'éducation des enfants. Cela explique, pour partie, la différence démographique entre nos deux pays.

On apprend toujours par ces échanges d'expériences. Le voyage retour aura lieu en janvier prochain.

Comment mesurer la pauvreté ?



L'INSEE vient de publier une étude sur les revenus et le patrimoine des ménages, en France. Elle montre que, de 1996 à 2004, la proportion de pauvres dans notre pays est passée de 13,5 à 11,7 %. Cela représenterait 6,9 millions de personnes disposant d'un revenu inférieur à 788 euros par mois pour vivre.

Cette indication est évidemment intéressante car elle permet de conclure à un recul de la pauvreté sur la période observée (sauf pour les deux dernières années où le phénomène s'est interrompu). Mais, comment ce seuil de pauvreté (788 euros) est-il calculé ? De façon purement mathématique : il est égal à 60 % du revenu médian des Français. Certes, je ne doute pas de l'intérêt de disposer d'une valeur de référence. Mais pourquoi 60 et non pas 50 ou 70 % ?

Il faut toujours analyser les moyennes avec précaution. Comme le faisait remarquer un économiste, qui a jamais rencontré le "Français moyen" dont on nous parle si souvent ? Cette méthode statistique ne saurait suffire, elle doit être complétée par une approche qualitative sur les difficultés de vivre aujourd'hui avec de faibles ressources (endettement, privations, santé, logement...). C'est au moins aussi révélateur qu'une valeur simplement monétaire. Le sort des personnes est plus important que les chiffres !

mercredi 22 novembre 2006

Un de nos chercheurs honoré...



Le docteur Hubert Vaudry, directeur de l'Institut Fédératif des Peptides, vient d'être doublement distingué : prix de l'Académie Nationale de Médecine et prix Descartes-Huygens de l'Académie Royale Néerlandaise des Sciences.

Ce chercheur infatigable, attaché à sa ville, a son laboratoire à la Faculté des Sciences. Il milite de longue date pour le développement des neuro-sciences et la création d'équipes de l'INSERM en région. Il a récemment organisé à Rouen un Congrès international qui démontre l'estime et la notoriété dont il jouit auprès de ses pairs. Ces hautes distinctions qui l'honorent retentissent sur toute la communauté universitaire et nous encouragent à poursuivre dans la voie d'un "Espace Innovation Santé", à proximité du CHU.

dimanche 19 novembre 2006

Le FCR se reprend...


Après une série de défaites qui l'avaient mis en position de "relégable", le FCR s'est bien repris hier, en gagnant nettement son match contre Concarneau. Comme disent les Anglais, "il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain".

samedi 18 novembre 2006

"La France ensemble"



Dimanche 12 novembre, j'ai présenté aux adhérents le projet de l'UDF : "La France ensemble". C'est le fruit d'un travail, à la fois personnel et collectif, entamé il y a 3 ans. Tout a commencé par le diagnostic que j'ai proposé à François Bayrou et qu'il a fait sien d'emblée. Avant de proposer une vision, il convenait d'abord de s'entendre sur les racines du mal.

- La France n'est pas en déclin mais personne ne peut nier le lent décrochage qu'elle subit par rapport à ses principaux partenaires et concurrents (en matière industrielle, en matière de recherche, d'innovation et d'enseignement supérieur).
- La montée des inégalités et des exclusions façonne une société éclatée, à plusieurs vitesses
- Le socle de la démocratie s'effrite, l'abstention et le vote protestataire creusent le fossé entre les Français, leurs institutions et leurs dirigeants

Les défis à relever sont nombreux : libérer la vitalité qui est en nous, pour une croissance plus riche en emplois, construire une société plus juste et plus solidaire dans laquelle chacun trouve sa place, restaurer le crédit des institutions dont l'esprit a été perverti par une pratique partisane, promouvoir une nouvelle écologie politique qui puisse concilier progrès économique, équité sociale et préservation de l'environnement, enfin édifier une Europe forte, espace de paix, de stabilité et d'équilibre dans le monde.

C'est en nous qu'il faut trouver les ressources. Car nous nous inscrivons dans une continuité historique. Pour moi, la solution n'est ni dans la rupture aventureuse ni dans l'imitation servile d'un quelconque modèle (américain ou non).
Si cette démarche vous intéresse, : c'est ici

vendredi 17 novembre 2006

Le palmarès des villes du Nouvel Observateur


Dans son dernier numéro, le Nouvel Observateur tente un classement des "villes où il fait bon vivre". Cette comparaison porte sur les 25 plus grandes aires urbaines françaises, selon l'INSEE.

Les 16 critères pris en compte sont répartis en deux catégories : économie-emploi et culture-qualité de vie. Au classement général, Rouen est à la 11e place (derrière Nancy, Dijon, Angers, Toulouse, Strasbourg mais devant Montpellier, Rennes, Grenoble, Lyon, Paris...).

Les meilleurs résultats de notre ville sont obtenus dans les domaines suivants :
- prix du m2 à l'achat
- criminalité
- musées
- qualité de l'air
- circulation.
Bien-sûr, tout palmarès de ce genre est à manier avec prudence. Mais après l'étude que vient de réaliser L'Expansion, pourquoi bouder notre plaisir ? Depuis plusieurs années, les divers classements publiés montrent une amélioration régulière de la situation de notre ville. La tendance générale est d'ailleurs à l'amélioration constante de la qualité de vie des métropoles régionales face à Paris.

Regardez attentivement la photo de la 1ère de couverture du Nouvel Observateur: elle a été prise à l'angle de l'église Saint-Maclou et de la rue Damiette.

vendredi 10 novembre 2006

Le Muséum sort de son sommeil




Le Muséum d'histoire naturelle est en travaux. Ceux-ci vont bon train. La réouverture est prévue pour février-mars 2007.
Tous ceux qui ont aimé les collections présentées dans le décor des années 20 et 30 vont les retrouver bientôt. Car ce "musée dans le musée", page de notre histoire, a été intégralement conservé, pour le plus grand plaisir des futurs visiteurs, grands ou petits. Ce qu'une installation dans un autre lieu n'aurait sans doute pas permis, en raison des difficultés et du coût du démontage.



Les travaux spectaculaires entrepris depuis quelques mois ont conduit en outre à deux découvertes (il y en aura peut-être d'autres) inattendues. Une caisse expédiée au Muséum, en 1965, n'a jamais été exploitée : or elle contient une collection de coquillages , toujours contenus dans leurs bocaux en verre. Le directeur du musée envisage de les faire analyser pour mieux connaître l'état de la pollution, à l'époque de leur ramassage, au XIXe siècle, dans notre région.



Les tiroirs d'un meuble contiennent également 170 dessins de très belle facture (dus peut-être à Félix-Archimède Pouchet) et jamais répertorés. Un vrai trésor qui nous sera, je l'espère, accessible désormais.

Redonner vie à ce musée qui tient une si grande place dans le coeur des rouennais est, pour moi, une immense satisfaction.

mercredi 8 novembre 2006

Tremplins pour Rouen






Le groupe ESC et le magazine L'Expansion ont convié, le 8 novembre, les acteurs économiques et politiques à un débat sur l'avenir de Rouen et de son agglomération. Des témoignages multiples et de la conclusion de Gérard Romédenne, je tire les principaux aspects suivants :

Globalement, les atouts l'emportent nettement sur les faiblesses :
- position géographique, entre Paris et la mer
- diversité du tissu économique, industriel notamment
- existence du port, en expansion, et présence de 2 pôles de compétitivité (Logistique Seine-Normandie et MOV'EO)
- qualité du système de formation et des laboratoires universitaires
- cadre de vie et attractivité culturelle

Cependant, des faiblesses subsistent et sont à corriger :
- absence de contournement routier, à l'Est de l'agglomération
- mauvaise qualité des liaisons ferroviaires avec Paris
- difficulté à retenir les cadres supérieurs.
Beaucoup de témoins ont insisté sur l'importance du "faire savoir". Les normands en général et les rouennais en particulier regorgent de savoir faire mais hésitent à promouvoir leur région. A l'ère de la communication, cette retenue, cette forme de pudeur deviennent un handicap. A nous d'en tenir compte ! Après tout, une qualité n'est-elle pas un défaut surmonté ?

dimanche 5 novembre 2006

Débat républicain à la Fête de l'Humanité



Comme chaque année, était organisé, le 5 novembre, un débat sur le thème : "quelle politique pour la France ?". J'y ai participé au côté de Daniel Paul (PC), Christophe Bouillon (PS) et Alfred Trassy-Paillogues (UMP). Naturellement, le public était largement acquis à la cause communiste. Néanmoins, ces espaces de confrontation pacifique des idées sont suffisamment rares pour être signalés. J'ai du mal à imaginer, par exemple, que, dans le contexte actuel, l'UMP ou le PS local accepte de faire figurer, à la même tribune, des orateurs aussi différents.

A la fin de la réunion, un journaliste m'a demandé si j'avais pu convaincre quelques personnes, dans l'assistance. Je lui ai répondu que je n'en savais rien : ma présence à ce genre de réunion s'explique par la nécessité de défendre le pluralisme et de lutter contre la "peopolisation" de la vie politique. Vive la biodiversité politique !

Image de la Saint-Romain

Juste une photo de la Saint-Romain prise hier soir.
Une part de l'identité rouennaise.



samedi 4 novembre 2006

Hommage à Guy Boissière

Hier soir, en présence du Ministre des Sports Jean-François Lamour, de Stéphan Caron et de Laure Manaudou, la ville et le club des Vikings ont rendu hommage à celui qui fut pendant 40 ans l'entraîneur des nageurs rouennais et de l'équipe de France. Le centre sportif de l'île Lacroix, site qu'il avait lui-même proposé pour accueillir la piscine, porte désormais son nom.

Dans ce qui est sa maison, les valeurs inculquées par Guy Boissière à tant de jeunes contiueront à être transmises aux générations à venir. La Fondation, créée à l'initiative de Catherine Grosjean, sa compagne, et d'Eric, son fils, remettra, cette après-midi, ses premières bourses de la vocation à deux jeunes nageurs dont le parcours sportif est exemplaire. Une belle façon de conforter l'existence du "pôle France", à Rouen.

mercredi 1 novembre 2006

Mission à Ningbo : carnet de voyage

N'étant jamais allé à Ningbo, j'étais personnellement très curieux de visiter notre ville jumelle pour y mesurer l'intérêt de cette coopération inter-cités, lancée en 1990. Je n'ai pas été déçu et je suis heureux de vous livrer, pêle-mêle, mes impressions.

Un peu d'histoire : le jumelage avec Ningbo a été impulsé par Jean Lecanuet, alors Maire de Rouen et Président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat. Cela a donné d'autant plus de sens à ce jumelage qu'à l'époque, les villes françaises impliquées en Chine étaient fort rares comme on n'a pas manqué de me le faire comprendre ces derniers jours.
Aujourd'hui, Ningbo correspond à ce que serait pour nous une ville région. Au confluent de trois rivières, la ville dense abrite 1,3 million d'habitants mais administre un territoire plus vaste de près de 6 millions. Cette partie de la Chine subit un exode rural très important. Ainsi, Shanghaï -qui se trouve à 4 heures de voiture de Ningbo a reçu plus de 5 millions de migrants pour la seule année dernière, ce qui montre l'ampleur du phénomène.
En 2020, la partie centrale de Ningbo devrait passer de 1,3 à 2,5 millions d'habitants ! Avec 250 millions de tonnes, le port est le cinquième du monde (il traite à lui seul autant de marchandises que les 7 ports autonomes français).

Contenu de la mission : organisée à l'occasion du 20e anniversaire de l'université, elle a permis des échanges sur plusieurs points :

-municipal d'abord : de nombreuses séances de travail ont eu lieu avec le maire de Ningbo puis en matière d'urbanisme et dans le domaine culturel ( à l'Opéra d'ailleurs construit par un Français). Pour les manifestations officielles, le formalisme est très poussé en Chine. Ainsi, le 20e anniversaire de l'université s'est déroulé en présence de 10 000 personnes qui ont eu à entendre pas moins de 12 discours (petit coco-rico, c'est le président de l'université de Rouen qui a parlé au nom de tous les établissements représentés ). Ce décorum, un peu inhabituel pour nous, cède heureusement la place à une véritable convivialité à l'occasion des repas par exemple : le partage des toasts, nombreux, est une des conditions de la confiance, en Chine ( je n'ai jamais fait autant "cul sec "en si peu de jours).

- économique, universitaire, scolaire et touristique aussi : sait-on qu'il y a à Rouen 250 étudiants chinois, originaires pour beaucoup de Ningbo et de ShanghaÏ ? Notre ville est probablement celle qui en accueille, en proportion, le plus grand nombre.

- sanitaire enfin : le niveau des hôpitaux chinois est très inégal. Aussi, les échanges avec le CHU motivent particulièrement nos interlocuteurs.

Ville de contrastes : la richesse d'une minorité contraste avec la modestie de la plus grande partie des habitants. Néanmoins, nous avons vu très peu de mendiants ou de désoeuvrés. Le niveau de vie ne cesse d'augmenter rapidement et les Chinois ont une soif de consommation à la mesure sans doute des restrictions qu'ils ont longtemps subies.
Mais les défis à relever sont encore nombreux :
les inégalités territoriales engendrent des migrations internes (140 millions dit-on). Comment prendre en charge le besoin effréné de logements ? A Ningbo, on commence à peine à lancer les premiers programmes de HLM.
la croissance urbaine crée des problèmes d'environnement qui s'amplifient : eau potable, pollution de l'air, des rivières par exemple. Et que dire de la consommation d'énergie dans des tours de 30 à 50 étages qui sont bien loin de toute éco-cpnstruction ?

Grande satisfaction : outre l'accueil chaleureux de nos hôtes, avoir pu donner une conférence et dialoguer librement pendant plus d'une heure avec 200 étudiants chinois, sur les relations internationales, l'économie, l'université française...

Grande perplexité aussi : la fascination qu'éprouvent aujourd'hui les Chinois, du moins ceux des villes, pour les symboles, même les plus discutables, de la civilisation occidentale.
Qu'on n'oublie pas cependant que, dans l'empire du milieu, c'est "vent d'est, vent d'ouest".