Blog de Pierre Albertini

samedi 25 novembre 2006

A propos d'Ingrid Betancourt

AprÚs la rupture des négociations entre le Président de la République de Colombie et les FARC, j'ai écrit à l'Ambassadeur pour lui exprimer notre déception et notre inquiétude. Celui-ci vient de me répondre. Dans sa lettre, il confirme hélas que ces négociations ne reprendront pas tant que des attentats se produiront en Colombie pour éviter qu'elles apparaissent comme "le produit d'agissements terroristes réussis". On tourne en rond ! En revanche, il fait état d'un progrÚs significatif dans les discussions qui se poursuivent à La Havane entre le Gouvernement colombien et l'ELN. On voudrait le croire !

Jumelage Hanovre-Rouen



Dans le cadre du 40e anniversaire du jumelage, Rouen accueille une délégation d'une douzaine d'amis allemands, conduits par leur nouveau maire. Que de chemin parcouru depuis la derniÚre guerre ! L'amitié franco-allemande est solide et confiante. Nous nous sentons chez nous en Allemagne comme les Allemands se sentent chez eux en France.

Ce matin, une séance de travail a été l'occasion de comparer nos préoccupations et nos méthodes de travail. Des deux cÎtés, la situation des finances publiques est tendue. Hanovre a dû réaliser des économies budgétaires drastiques pour faire face aux dépenses indirectes de la montée du chÎmage. Dans le domaine du développement durable, les Allemands sont nettement en avance sur nous, notamment en matiÚre d'éco-construction. En revanche, pour la politique familiale et les crÚches, les élus français se sont plus impliqués que leurs homologues d'outre-Rhin pour rendre compatible le travail des femmes et l'éducation des enfants. Cela explique, pour partie, la différence démographique entre nos deux pays.

On apprend toujours par ces échanges d'expériences. Le voyage retour aura lieu en janvier prochain.

Comment mesurer la pauvreté ?



L'INSEE vient de publier une étude sur les revenus et le patrimoine des ménages, en France. Elle montre que, de 1996 à 2004, la proportion de pauvres dans notre pays est passée de 13,5 à 11,7 %. Cela représenterait 6,9 millions de personnes disposant d'un revenu inférieur à 788 euros par mois pour vivre.

Cette indication est Ă©videmment intĂ©ressante car elle permet de conclure Ă  un recul de la pauvretĂ© sur la pĂ©riode observĂ©e (sauf pour les deux derniĂšres annĂ©es oĂč le phĂ©nomĂšne s'est interrompu). Mais, comment ce seuil de pauvretĂ© (788 euros) est-il calculĂ© ? De façon purement mathĂ©matique : il est Ă©gal Ă  60 % du revenu mĂ©dian des Français. Certes, je ne doute pas de l'intĂ©rĂȘt de disposer d'une valeur de rĂ©fĂ©rence. Mais pourquoi 60 et non pas 50 ou 70 % ?

Il faut toujours analyser les moyennes avec prĂ©caution. Comme le faisait remarquer un Ă©conomiste, qui a jamais rencontrĂ© le "Français moyen" dont on nous parle si souvent ? Cette mĂ©thode statistique ne saurait suffire, elle doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par une approche qualitative sur les difficultĂ©s de vivre aujourd'hui avec de faibles ressources (endettement, privations, santĂ©, logement...). C'est au moins aussi rĂ©vĂ©lateur qu'une valeur simplement monĂ©taire. Le sort des personnes est plus important que les chiffres !