dimanche 14 janvier 2007
Le logement : un droit "opposable" ou un devoir de la nation ?
Par Pierre Albertini, dimanche 14 janvier 2007 à 18:50 :: General
L'irruption de la question des SDF et sa gestion par les Enfants de Don Quichotte puis par les responsables gouvernementaux me met mal à l'aise. En quelques semaines, on voit apparaître des tentes rouges (bien visibles) à Paris et dans quelques villes de province alors que le problème est récurrent et ne cesse de s'aggraver depuis des années. La réponse du pouvoir politique consiste alors à proposer, en toute hâte, le vote d'une loi nouvelle. Subitement, la pression médiatique, savamment orchestrée jusqu'ici, retombe.
Qui s'en plaindrait si cette prise de conscience subite préparait une solution satisfaisante. Or le moins qu'on puisse en dire est qu'on renvoie à plus tard la mise en oeuvre des améliorations souhaitables. Qui pourrait croire qu'en deux ans, les 86.000 SDF recensés trouveront un hébergement durable ? Quant aux logements sociaux et très sociaux, il en manque aujourd'hui 600.000. Au rythme où on les construit, ce n'est pas en 2012 qu'ils seront livrés. Pourquoi parler alors de droit au logement "opposable", à cette date ? Encore une fois, le vote d'une loi entretient l'illusion que la réponse sera à la hauteur des enjeux.
Personnellement, je préfèrerais qu'on conduise une action publique plus ferme sur le logement, en utilisant en priorité les outils dont on dispose déjà mais qui sont mis en oeuvre avec un zêle très variable, par les communes, par les bailleurs et par l'Etat. Je serais d'ailleurs curieux de savoir combien d'entre vous connaissaient l'existence des Enfants de Don Quichotte, avant décembre 2006.
Qui s'en plaindrait si cette prise de conscience subite préparait une solution satisfaisante. Or le moins qu'on puisse en dire est qu'on renvoie à plus tard la mise en oeuvre des améliorations souhaitables. Qui pourrait croire qu'en deux ans, les 86.000 SDF recensés trouveront un hébergement durable ? Quant aux logements sociaux et très sociaux, il en manque aujourd'hui 600.000. Au rythme où on les construit, ce n'est pas en 2012 qu'ils seront livrés. Pourquoi parler alors de droit au logement "opposable", à cette date ? Encore une fois, le vote d'une loi entretient l'illusion que la réponse sera à la hauteur des enjeux.
Personnellement, je préfèrerais qu'on conduise une action publique plus ferme sur le logement, en utilisant en priorité les outils dont on dispose déjà mais qui sont mis en oeuvre avec un zêle très variable, par les communes, par les bailleurs et par l'Etat. Je serais d'ailleurs curieux de savoir combien d'entre vous connaissaient l'existence des Enfants de Don Quichotte, avant décembre 2006.