J'ai rencontrĂ© longuement le Directeur rĂ©gional de la SNCF. Pendant une heure et demie, il m'a livrĂ©, honnĂȘtement, son analyse de la situation catastrophique de novembre-dĂ©cembre. La dĂ©gradation est due, selon lui, au cumul de deux sĂ©ries de facteurs :
- les uns sont structurels et bien connus des usagers de la ligne Rouen-Paris : saturation chronique entre Mantes et Paris, aggravĂ©e par l'augmentation rĂ©guliĂšre du trafic passagers sur les lignes de banlieue, vieillissement des locomotives (gĂ©nĂ©ration des 16.000) essoufflĂ©es au bout de plus de 40 ans de service, pĂ©nurie de mĂ©caniciens, sur le rĂ©seau rĂ©gional et mĂȘme national.
- les autres sont plus conjoncturels : la chute abondante (fin novembre) de feuilles sur certains tronçons, qui diminue l'adhérence, et que l'unique train de nettoyage fonctionnant la nuit n'a pu balayer en temps utile, l'impact répété des grÚves nationales, prolongées en région par celles des mécaniciens et des contrÎleurs.
Depuis janvier, la situation s'est un peu amĂ©liorĂ©e, Ă  l'exception de deux incidents graves (dont celui du 10 dont vous ĂȘtes nombreux Ă  avoir parlĂ©).

J'ai renouvelé auprÚs du Directeur régional les améliorations attendues à court terme.
D'abord, la régularité : pour cela, il faut affecter à la ligne des locos plus puissantes et plus récentes (génération des 15.000), aujourd'hui en service sur le réseau est.
La poursuite des travaux d'amĂ©lioration de l'infrastructure (voies, tunnel) est Ă©galement indispensable mĂȘme si cela occasionne un ralentissement ponctuel de 3 Ă  4 minutes. Les clients de la ligne prĂ©fĂšreraient des trajets allongĂ©s de 5 Ă  10 minutes si les trains Ă©taient Ă  l'heure.
Ces attentes sont justifiées. La ligne Rouen-Paris est rentable (c'est moins le cas du tronçon Le Havre-Rouen), elle est en outre en progression constante. Les clients méritent donc qu'on les traite dignement.
La question du confort ne peut Ă©galement ĂȘtre Ă©cartĂ©e mĂȘme si aujourd'hui, elle est seconde. La rĂ©gion de Haute-Normandie se dĂ©clare ainsi prĂȘte Ă  acquĂ©rir 17 rames Ă  deux niveaux (dont la livraison ne dĂ©butera que fin 2008) qu'elle louera Ă  la SNCF. L'intention est louable mais le coĂ»t Ă©levĂ© : 232 M €. La solution mise en oeuvre en Basse-Normandie (acquisition commune des rames par la RĂ©gion et la SNCF) n'est-elle pas plus adaptĂ©e, pour un coĂ»t 10 fois moins Ă©levĂ© ?
Comme vous, j'attends dĂ©sormais une rĂ©ponse claire de la part de la Direction Nationale. D'ici lĂ , la crĂ©ation d'une association et la signature d'une pĂ©tition des voyageurs pourraient ĂȘtre utiles.