Le Conseil municipal du 9 février vient de franchir un pas important en engageant la ville dans un contrat de partenariat pour moderniser la gestion de ses espaces publics. Au-delà de toute polémique, en voici les principaux enjeux.

- l'éclairage public de notre ville est obsolète, consommateur excessif d'énergie et peu valorisant :
50 % des points lumineux a plus de 40 ans, le sodium haute pression donne une ambiance nocturne uniforme, de type autoroutier : il ne met en valeur ni le patrimoine ni le fleuve et les ponts ni les collines environnantes. Au rythme des dépenses actuelles de la ville (2,2 M.€ /an), il faudrait une centaine d'années pour le moderniser !
la signalisation tricolore est pour l'essentiel hors-normes :
110 carrefours sur 120 sont à changer, ils ne répondent plus aux normes actuelles de sécurité et n'autorisent aucune régulation.
- la ville ne possède pas de système de contrôle des flux et d'information des automobilistes :
Ainsi, aucun dispositif ne détecte les embouteillages ou les accidents, aucun itinéraire de substitution ne peut donc être mis en place en temps réel.

Devant ces retards accumulés, une réflexion s'est engagée en janvier 2005 pour trouver les réponses techniques et financières adaptées. Elle a conclu, en septembre 2005, à l'intérêt d'un contrat de partenariat, en raison de la complexité des problèmes à résoudre. Il s'agit en effet d'avoir une approche intégrée, avec des solutions innovantes et des économies d'échelle, en traitant à la fois de la rénovation de l'éclairage, de la signalisation tricolore, de la protection du quartier piéton, de la vidéosurveillance des carrefours et des espaces sensibles (places du Vieux-Marché, Saint-Sever, rue du Gros, Espace du Palais, Gare...). Une procédure de mise en compétition a donc été lancée en 2006, elle a permis de sélectionner la meilleure proposition, en décembre dernier : elle émane de l'entreprise Vinci.

En quoi consiste-t-elle ?
- à rénover en 8 ans 80 % de l'éclairage public, par des sources plus économes et plus adaptées à l'identité des divers quartiers (luminaires, couleur, intensité, )
- à mettre aux normes les feux tricolores et à équiper les principaux axes de caméras de détection
- à créer un PC de régulation regroupant l'observation de la circulation, la vidéosurveillance et la gestion du quartier piéton
- à doter la ville d'un réseau à haut débit (par fibre optique et wimax).

Quel en est le coût ?
Un loyer de 5,1 M. €, sur 20 ans. A l'expiration du contrat, les nouveaux équipements feront alors retour à la ville.
A mon sens, l'avantage de ce procédé est décisif : il permet une accélération de l'investissement, une gestion intégrée, une sustantielle économie d'électricité, un cadre de vie amélioré et de nouveaux services aux habitants. Je comprends les interrogations sur le recours à un contrat de partenariat, pourtant largement utilisé par l'Etat (hôpitaux, prisons, palais de justice, viaduc de Millau, demain canal Seine-Nord) et par plusieurs collectivités locales. Mais je comprends mal le refus de faire bénéficier Rouen d'un tel saut qualitatif. Comparé aux dépenses actuelles (2,2 M.), ce contrat offrira, pour 3 M. de plus, une modernisation rapide des espaces publics de la ville.
Personnellement, je ne crois pas avoir été éu pour gérer le statu quo mais plutôt pour nous faire entrer, sans complexe, dans le nouveau siècle.