Ce matin, La Plaine Normande nous a conviés, symboliquement, à constater l'avancement de la démolition de la tour Falstaff, à la Grand-Mare. Commencés à l'automne, les travaux passent par des phases succesives de désamiantage, de déconstruction et de recyclage des matériaux. Ils seront achevés en mars.

En maniant la mini-pelleteuse quelques minutes, je me demandais quelle signification avait ce geste. Une démolition n'est jamais un acte positif même si la tour en question était largement montrée du doigt, en raison de trois ou quatre familles plus que turbulentes, ayant fait fuir la majorité pacifique des autres. Elle répond en fait à un besoin de restructuration du quartier : elle n'a de sens que dans ce cadre plus vaste : réhabiliter les logements conservés, améliorer les espaces publics, diversifier l'habitat. C'est ce qui sera entrepris ici. Les 60 logements de la tour Falstaff seront remplacés par deux petits immeubles de trois étages, l'un à vocation sociale, l'autre en accession à la propriété.

Contrairement à beaucoup de grands projets de ville, à Rouen, les démolitions sont minoritaires. Je ne suis pas partisan, en effet, de la table rase car tous les quartiers ont une histoire, qu'il faut respecter. Dans ce débat sur l'ampleur des démolitions, qui a raison, qui a tort ? Personne ne peut répondre avec certitude pour le moment. Il n'y a pas de modèle sinon on l'aurait appliqué depuis longtemps. Seul l'avenir dira, dans quelques années, si notre choix a été le bon.