Depuis le 11 février, le coût des programmes proposés par les principaux candidats à la présidentielle intéresse bougrement les médias. Je ne suis pas sûr qu'il intéresse autant les Français. Il faut bien reconnaître que le chiffrage est un exercice difficile : il repose en effet sur des hypothèses économiques, notamment la croissance, qui comme leur nom l'indique ne sont que des suppositions ; dans ces conditions, comment évaluer précisément le manque à gagner de diminutions d'impôt ou, inversement, le produit de hausses d'impôt ?

Personnellement, sur ce point, je renvoie dos-à-dos Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal : l'Institut de l'Entreprise évalue d'ailleurs au même niveau le montant de leurs programmes respectifs (50 milliards €). Mais surtout, je crois que les Français, déçus par les incessantes promesses des candidats, n'y croient plus. Comme se le demandait déjà Voltaire, "la politique est-elle autre chose que l'art de mentir à propos ?". La méthode de François Bayrou me semble plus adaptée : il précise les grands enjeux, fixe les objectifs plus que les moyens pour les atteindre, il propose une vision plus qu'un catalogue.
N'est-ce pas ce qu'attendent nos concitoyens d'une campagne présidentielle ?