L'annonce de l'arrivée des éléphants du PS dans l'équipe de campagne de Ségolène Royal qui jusque-là s'était parfaitement passée d'eux, signifie :

- sur la méthode : que la candidate et son équipe, lancés dans une campagne originale, conçue autour des débats participatifs, cèdent aux pressions très inamicales des anciens prétendants à l'investiture du parti. Cela était pourtant une nouveauté, au parti socialiste, que de se dégager des méthodes éculées des meetings surchauffés, et d'un programme construit autant que déconstruit par les ajouts successifs des éléphants et de leurs petits. C'est ce "charme"-là, qui n'était pas dans le physique de la candidate, comme voulait le faire croire certains de ses adversaires, mais bien dans la reconnaissance d'une volonté bien trempée et d'un courage certains, qui avait plu a de nombreux Français. C'en est donc fini...

- sur le fond : qu'il n'y a plus de fond ! Comment ne pas comprendre le retour de Lionel Jospin, de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius, ennemis héréditaires qu'elle avait départagés à son avantage comme un grand retour au Parti Socialiste d'avril 2002 ? Décidément, la gauche classique n'est pas réformable, pas même par l'échec.

Cette tentative désespérée de sauver les apparences, sous la menace du centre, fonctionnera-t-elle ? Seul, le scrutin nous le dira...