Le 25 mars 1957, les 6 pays fondateurs (Allemagne de l'ouest, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Italie, France) signaient les traités de Rome créant la Communauté Economique Européenne et la Communauté Européenne de l'Energie Atomique. Ils poursuivaient deux objectifs :

- la paix et la réconciliation entre les peuples
- l'organisation d'un marché commun, jetant les bases d'une intégration européenne.
Le premier objectif est atteint et mĂȘme au-delĂ , avec la chute du mur de Berlin et l'Ă©largissement aux pays de l'Europe centrale et orientale. En revanche, la conception de l'Europe fait dĂ©bat : est-elle essentiellement un espace Ă©conomique ou doit-elle s'imposer comme un espace politique dans le monde ?

Notre prĂ©fĂ©rence va clairement Ă  une Europe-puissance, capable de constituer un pĂŽle d'Ă©quilibre entre les Etats-Unis et l'Asie, sur le plan Ă©conomique mais aussi diplomatique et militaire. Mais cette position est aujourd'hui minoritaire parmi les dirigeants europĂ©ens. Les pays qui nous soutiennent se comptent sur les doigts d'une main. Il faut donc retrouver l'ambition et l'enthousiasme des pĂšres fondateurs (le Français R. Schuman, l'Allemand K. Adenauer, le belge P. H. Spaak ou l'Italien A. de GaspĂ©ri). Leur rĂȘve est encore le nĂŽtre.

Car les partisans du "non", de l'extrĂȘme gauche Ă  l'extrĂȘme droite, ont conduit le pays dans l'impasse. Pour relancer avec vigueur la construction europĂ©enne, nous souhaitons l'Ă©laboration d'un nouveau TraitĂ© , fixant l'architecture institutionnelle de l'Union. Il pourrait ĂȘtre soumis au rĂ©fĂ©rendum en 2009, lors de l'Ă©lection des dĂ©putĂ©s europĂ©ens. Ceux qui pensent faire l'Ă©conomie d'un vote populaire nous trompent, une ratification par les seules assemblĂ©es serait ressentie comme un dĂ©ni de dĂ©mocratie.

L'Europe est en panne aujourd'hui, ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Elle a déjà surmonté des crises, elle surmontera celle-ci si elle devient une affaire des peuples et non plus des seuls Etats.