vendredi 4 mai 2007
J-2 : le temps de l'ultime choix
Par Pierre Albertini, vendredi 4 mai 2007 à 16:21 :: General

La campagne qui s'achĂšve a Ă©tĂ© exceptionnellement longue. Pourtant, elle a plus intĂ©ressĂ© les Français que la prĂ©cĂ©dente, confisquĂ©e au-delĂ du raisonnable, par le thĂšme de l'insĂ©curitĂ©. Peut-ĂȘtre, l'incertitude du 1er tour a-t-elle contribuĂ© Ă cet engouement inattendu des Ă©lecteurs ? L'apparition du troisiĂšme homme a troublĂ© le jeu habituel au point d' ĂȘtre au centre (sans jeu de mots) des discussions jusqu'au "grand dĂ©bat" de mercredi soir. Quoi qu'il arrive dimanche, la vie politique ne sera plus jamais comme avant. C'est une nouvelle gĂ©nĂ©ration de prĂ©sidentiables qui a Ă©mergĂ© depuis quelques mois. Cela aura une influence sur l'exercice du pouvoir et sur les partis qui les ont soutenus.
Il n'est plus temps maintenant de poursuivre la campagne et je m'abstiendrai donc de tout commentaire avant le résultat final.
Cependant, je souhaite souligner deux aspects qui me paraissent importants :
D'une part, il existe, quel que soit le vainqueur, une forte attente de résultats. La seule maniÚre de réhabiliter la politique, c'est de montrer qu'elle peut agir sur le cours des choses. Si jamais, aprÚs une campagne longue et incertaine, les électeurs constataient, dans quelques mois, que rien ne change (dans un sens ou dans l'autre), ils seraient encore plus amers et déçus.
D'autre part, le choix, au second tour, est binaire. Mais cela ne justifie pas une abstention, impossible à interpréter. C'est d'ailleurs pour cela que Le Pen la recommande, pour éviter de se compter une nouvelle fois. François Mitterrand répétait souvent : "en politique, on n'a le choix qu'entre deux inconvénients". Je ne sais pas si la formule est toujours vraie mais elle pousse, quelle que soit la difficulté, à exprimer son opinion dimanche.
Car comme le dit la sagesse populaire, "de deux maux, il faut choisir le moindre".