L'entrée en fonction du Président et du Gouvernement est, qu'on le veuille ou non, plurôt réussie. Pour preuve, le désarroi qu'éprouvent les éléphants du PS et, avec eux, Ségolène Royal. Les entendre répéter qu'ils sont unis et en ordre de bataille, pour les législatives, n'est-ce pas l'aveu qu'ils ne le sont pas ?

Pour autant, je voudrais mettre un bémol sur cette impression générale de satisfaction avec la franchise sur les soins qui a déjà donné lieu aux premiers couacs. Jusqu'ici, on pratiquait le ticket modérateur et l'euro symbolique laissé à la charge du patient sur chaque consultation. On voudrait y ajouter des franchises sur les premières dépenses annuelles en examens biologiques, visites médicales, médicaments et hospitalisations. Je ne comprends pas comment ces deux logiques, différentes, vont se combiner.

Mais surtout, le niveau des franchises, pour être source d'économies, devra être assez élevé (100, 150 euros ?). On risque alors de générer des effets pervers. Les patients aux ressources modestes pourraient être pénalisés. On a avancé alors l'idée d'une modulation des franchises en fonction des revenus. Pas simple ! Enfin, les affections de longue durée (ALD) sont jusqu'ici prises en charge à 100 % : or, elles représentent plus de la moitié des dépenses maladie. Ce principe sera-t-il abandonné ?

Concilier responsabilité du patient, économies pour l'assurance maladie et équité : cela vaut sans doute une réflexion approfondie.