Le second tour des élections législatives donne un résultat qu'aucun institut de sondage n'avait prévu. Belle leçon d'humilité, au moment où l'on pouvait croire, à tort, que les jeux étaient faits. Point de tsunami, mais une simple vague bleue qui porte au Palais Bourbon une majorité inférieure à celle de 2002.

Certes, pour la première fois depuis 1978, une majorité sortante est reconduite. Mais , dans le même temps, les électeurs ne manquent ni de cohérence ni de sagesse. Ils donnent au président nouvellement élu les moyens de gouverner, sans cependant lui octroyer la majorité "introuvable" que le succès du premier tour lui faisait espérer. Vote dosé, presque calibré, pour laisser place au débat et à une opposition digne ? On peut le penser. Si cela était vérifié par des enquêtes d'opinion, ce serait réjouissant pour l'équilibre nécessaire des pouvoirs. Plus sûrement, l'irruption, à quelques jours du scrutin, de la TVA sociale, présentée confusément et ressentie comme une possible restriction du pouvoir d'achat des ménages, a provoqué un glissement de quelques points : dans un contexte de participation électorale faible, ce "swing" était suffisant pour éliminer de nombreux sortants et requinquer les candidats d'une gauche toujours orpheline.

Qui a dit qu'en politique, on construit sur du sable ?