Depuis son Ă©lection, Nicolas Sarkozy a incontestablement modifiĂ© les conditions de l'exercice du pouvoir prĂ©sidentiel et la donne politique. En rĂ©action contre les annĂ©es Chirac, il est trĂšs prĂ©sent sur tous les fronts, on a mĂȘme parlĂ© Ă  son propos d'hyper-prĂ©sidence. A quoi tient sa rĂ©ussite des premiers mois ? A son aptitude Ă  parler, sans langue de bois et sans tabou, de sujets que le politiquement correct Ă©vitait soigneusement. A l'ouverture de son gouvernement Ă  des personnalitĂ©s appartenant jusqu'ici Ă  la gauche. La consĂ©quence de cette occupation du terrain est visible chaque jour : la dĂ©composition de la direction du PS, empĂȘtrĂ©e dans des querelles de leadership et dans des rĂšglements de compte, incapable de proposer des solutions crĂ©dibles.

Mais l'avantage acquis n'est que provisoire, au regard des problÚmes à résoudre : croissance, pouvoir d'achat, déficit de l'assurance maladie, réforme des régimes spéciaux de retraite, environnement. Les Français jugeront l'action présidentielle à l'aune des choix qui seront faits, sur tous ces sujets, dans les mois qui viennent. Tout ce qui précédait n'était qu'un prologue, une sorte de mise en bouche. Les choses sérieuses commencent maintenant.

La communication ne suffira pas, mĂȘme si elle peut aider Ă  donner du sens Ă  l'action. C'est le contenu de celle-ci qui sera dĂ©terminant. C'est l'ordre des prioritĂ©s et la pertinence des dĂ©cisions qui permettront de vĂ©rifier si, oui ou non, "tout est possible", selon les mots de...Nicolas Sarkozy. Au point oĂč en est notre pays, personne ne peut souhaiter que soit, Ă  nouveau, perdue cette occasion de le redresser.