Blog de Pierre Albertini

jeudi 4 octobre 2007

La troublante affaire d'EADS



La vente des actions par des dirigeants et des dĂ©tenteurs du capital d'EADS est plus que troublante. On sait que le pire ennemi du capitalisme, c'est le capitalisme lui-mĂȘme lorsqu'une logique financiĂšre dĂ©truit la logique Ă©conomique. Si le dĂ©lit d'initiĂ©, dĂ©noncĂ© par l'AutoritĂ© des MarchĂ©s Financiers, est avĂ©rĂ©, des sanctions exemplaires s'imposent. Il faudra donner une leçon aux donneurs de leçon.

A propos des Foyers de travailleurs migrants

La situation des deux Foyers de travailleurs migrants que possÚde Rouen Habitat (Moïse et El Hadji Omar) est préoccupante. Elle justifie tout refus d'en faire une exploitation politique qui pourrait compromettre les chances de les réhabiliter. Personnellement, mon seul but est d'engager, le plus vite possible, l'opération de réhabilitation, attendue depuis de longues années.

La dégradation de ces deux Foyers ne date pas d'hier. Elle est due à plusieurs causes : l'inadaptation des chambres aux normes de confort, notamment sanitaires, la vétusté du patrimoine bùti, l'insuffisante maintenance, aggravée pour l'un d'eux par un incendie récent qui a ravagé une vingtaine de chambres. Rouen Habitat a sa part de responsabilité car, de longue date, il n'a pas entrepris les travaux de rénovation nécessaires.

Un projet de transformation en rĂ©sidence sociale a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© : il vient de recevoir un accord de principe, le 14 septembre, des services de l'Etat. L'objectif est de restructurer les chambres et de les doter d'un Ă©quipement digne (sanitaires, cuisine). Son coĂ»t approchant 2 M €, l'aide, nĂ©cessaire, de l'Etat et des collectivitĂ©s semble acquise. Sur cette base, une mission de diagnostic et d'accompagnement social va ĂȘtre confiĂ©e Ă  un organisme spĂ©cialisĂ©. Il s'agit en effet d'Ă©tudier la situation de chaque locataire (Ăąge, revenus, souhait de rester en France...). Tous ceux qui souhaitent rester dans ces Foyers le pourront, naturellement.

Dans l'immĂ©diat, des travaux d'urgence de mise en sĂ©curitĂ© seront prochainement effectuĂ©s, pour environ 250 000 €. Ils seront engagĂ©s au 1er trimestre 2008, le Bureau de Rouen Habitat vient de le dĂ©cider, le 3 octobre. Ils s'ajoutent aux travaux d'Ă©tanchĂ©itĂ© de la toiture, achevĂ©s en mai dernier.

La gestion des Foyers est assurĂ©e par une association "AGIFOR", liĂ©e Ă  Rouen Habitat par une convention dont le mĂ©canisme financier est le suivant : AGIFOR verse une redevance de 69 € par chambre Ă  Rouen Habitat, en retour elle perçoit auprĂšs des rĂ©sidents un loyer de 223 €. La diffĂ©rence lui permet, en principe, de couvrir les frais de gestion et d'entretien courant des Foyers. Depuis deux ans, elle ne versait plus aucune redevance Ă  Rouen Habitat, accumulant une dette de 150 000 €. J'ai donc demandĂ© qu'un plan de remboursement soit mis en place. Rouen Habitat s'engageait Ă  entreprendre des travaux (Ă©tanchĂ©itĂ©, mise en sĂ©curitĂ©) et renonçait Ă  un tiers de la dette. Ce plan a Ă©tĂ© signĂ© par AGIFOR au printemps dernier. HĂ©las, il n'a pas Ă©tĂ© honorĂ© d'un quelconque dĂ©but d'exĂ©cution. Cette carence est funeste pour tout le monde, au premier chef les rĂ©sidents, que j'ai rencontrĂ©s en septembre et qui demandent avec insistance un nouveau gestionnaire. Cette recherche est en cours, en liaison avec LOGISEINE qui possĂšde Ă©galement un Foyer gĂ©rĂ© par la mĂȘme association.

Dans le mĂȘme temps, le PrĂ©sident d'AGIFOR m'a informĂ© qu'il dĂ©posait le bilan de l'association et mettait fin aux fonctions du directeur des Foyers, pour faute lourde. Il m'a parlĂ© de chĂšques falsifiĂ©s et a portĂ© plainte contre X. Chacun s'interroge Ă©videmment Ă  bon droit sur la destination des fonds perçus. La suppression des aides de l'Etat dont bĂ©nĂ©ficiait l'association jusqu'en 2006 n'explique pas tout, loin s'en faut. Laissons la justice fasse son oeuvre !
Ma seule certitude est l'obligation d'offrir aux résidents des conditions dignes d'habitation.