Le ministère de la Culture vient de lancer, pour six mois, une expérience de gratuité (pour les collections permanentes) dans neuf musées. Le passage à la gratuité a certes un contenu symbolique fort. Mais quels en sont les effets ? On dispose, pour les mesurer, des études faites en Grande-Bretagne et par la ville de Paris qui pratiquent ce système depuis quelques années.

Le constat est identique. Après une période d'accroissement spectaculaire, au début, la fréquentation se stabilise ensuite. Mais la composition du public évolue peu. Autrement dit, ce sont plutôt les habitués qui reviennent plus souvent. Il faut donc mettre en balance l'ensemble des paramètres : la perte de recettes, la fréquence et la convivialité des visites, qui changent de nature, le risque de banalisation...Comme toujours, aucune des solutions ne présente que des avantages. A Rouen, une réflexion complète est conduite par la direction des musées. Nous en reparlerons. En attendant, je cite la conclusion d'un article que Le Monde vient de publier sur le sujet :

"la gratuité, à elle seule, n'élargit en rien le public des musées. A l'heure des bilans, si le gouvernement devait généraliser la mesure, il pourrait invoquer la place des musées, le statut de l'art, le confort des amateurs. Mais sûrement pas le seul objectif aujourd'hui mis en avant : la démocratisation culturelle".