Le musĂ©um de Rouen dĂ©tient, depuis 1875, un tĂȘte tatouĂ©e d'origine maorie. Or, le gouvernement de la Nouvelle-ZĂ©lande a formulĂ©, de longue date, une demande de restitution de ces tĂȘtes qui ont, pour le peuple maori, un caractĂšre sacrĂ© et qui ont fait l'objet, au XIXe siĂšcle, d'un trafic indigne. Plusieurs pays ont rĂ©pondu favorablement Ă  cette sollicitation. La France est jusqu'ici restĂ©e Ă  l'Ă©cart de ce mouvement.

ConsidĂ©rant que les Ă©lĂ©ments du corps humain ne peuvent pas faire l'objet d'un "droit patrimonial", au terme de la loi bioĂ©thique de 1994, nous pensons que ce reste humain ne peut ĂȘtre la propriĂ©tĂ© d'une collectivitĂ© publique. En accord avec le ministre de l'Enseignement supĂ©rieur et de la Recherche et avec le soutien de la Fondation Nicolas et de l'UNESCO, je proposerai donc au Conseil municipal de rendre Ă  la Nouvelle-ZĂ©lande cette tĂȘte maorie. C'est un geste Ă©thique, fondĂ© sur le respect de la culture des peuples et de la dignitĂ© que porte chaque personne humaine.

La restitution aura lieu le 23 octobre, au musĂ©um. En novembre, la tĂȘte maorie, avec celles rendues par la Grande-Bretagne, rejoindra le musĂ©e de Wellington : des recherches seront alors effectuĂ©es pour identifier sa lignĂ©e tribale. La tĂȘte recevra alors une sĂ©pulture, dans sa terre d'origine. Rouen sera ainsi la premiĂšre ville Ă  accomplir cette dĂ©marche hautement symbolique.