Mercredi matin, j'ai ouvert, avec l'Agence nationale, un colloque sur la lutte contre l'illétrisme, à Caen. Les chiffres sont accablants. Plus de 3 millions de personnes, ayant suivi une scolarité en France, souffrent d'illétrisme (on n'inclut pas dans ce volume les étrangers venus travailler dans notre pays). Dans la seule fonction publique territoriale, ce sont environ 150 000 personnes qui sont concernées.

Ne pas maîtriser les outils fondamentaux que sont la langue et le calcul, c'est compromettre son autonomie, sa carrière professionnelle et sa citoyenneté. Mettre fin à ce gâchis social est un vrai défi politique. Chacun a une partie de la réponse : école, institutions, entreprises, milieu asociatif... C'est le regard sur l'illétrisme qu'il faut aussi changer, pour aller vers nos concitoyens qui souvent cachent, par pudeur, leur handicape.

Une situation paradoxale, dans un pays où la durée de la scolarisation est parmi les plus longues...