Je n'ai pas voulu réagir à chaud sur la polémique suscitée, dans l'Education nationale, par la lecture de la lettre de Guy Môquet à ses parents, peu avant sa mort. Et pourtant, malgré le recul, elle me laisse aujourd'hui encore un goût amer. Certes, on pourra toujours mettre en cause le procédé : pourquoi lire une lettre et pourquoi celle-ci plutôt qu'une autre ? Pourquoi jouer sur l'émotion, au détriment de l'explication historique ? Ces questions sont légitimes mais le refus de lire la lettre incriminée ne l'est pas.

Qu'est-ce qui empêche les enseignants de faire précéder la lecture par un rappel de la situation politique et militaire de notre pays ? L'exercice ne serait pas inutile tant l'Occupation et la Libération paraissent relever, aux yeux de nombreux lycéens, de la préhistoire. C'est le rôle naturel des professeurs de replacer le texte dans son contexte. Alors, le sacrifice de Guy Môquet prend tout son sens, surtout au moment où il se produit. Je me demande si ce n'est pas précisément ce sacrifice suprême qui gêne certains qui admettent mal qu'un jeune de 17 ans soit fier de mourir pour son pays et pour son idéal. Je voudrais sincèrement me tromper. Que des enseignants concernés me prouvent que je me trompe. J'attends et j'espère...