dimanche 30 mars 2008
Comptes publics 2007
Par Pierre Albertini, dimanche 30 mars 2008 à 12:59 :: General
L'INSEE vient de publier les chiffres-clé des finances publiques de l'année 2007. C'est l'ocasion de faire le point sur la situation des comptes publics de notre pays.
Déficit : il s'établit à 50,6 milliards d'euros, soit 2,7 % du Produit Intérieur Brut. La prévision de 2,5 % est donc dépassée. Dans ces conditions, le retour à l'équilibre des comptes avant 2012 paraît largement compromis.
Dette : elle continue de progresser, sous l'effet notamment de la croissance des investissements des collectivités locales, pour représenter 1209 milliards d'euros, soit 64,2 % du PIB.
Prélèvements obligatoires : ils sont en baisse à 43,5 %, en raison des baisses d'impôt décidées pour les particuliers par le gouvernement précédent. Cet indice comme on le voit doit être interprété avec précaution car il peut varier, d'une année sur l'autre, en fonction du rendement des impôts.
Croissance : elle est inférieure, pour 2007, à la prévision budgétaire initiale : 1,9 % contre 2,25 attendus. Pour l'année en cours, la prévision de croissance vient d'être logiquement revue à la baisse (entre 1,7 et 1,9 %) par le ministère des finances.
Ces chiffres ne sont pas de nature à améliorer notre crédibilité auprès de nos partenaires européens. Depuis le pic de 2003, le déficit public, qui regroupe les comptes de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité Sociale, n'avait cessé de diminuer. Le mouvement est donc interrompu en 2007. Certes, il ne faut pas avoir le fétichisme de l'équilibre, à l'instant T, ce qui importe, c'est la tendance mais celle-ci ne réserve guère hélas de meilleures perspectives pour 2008. Les seules bonnes nouvelles sont ailleurs : la réduction du chômage, descendu au-dessous du seuil de 8 %, et la création d'emplois, encore assez soutenue l'an dernier (300 000). Le gouvernement refuse toujours de parler d'un plan de rigueur qui se traduirait par une augmentation des impôts et une réduction sensible de la dépense publique. A défaut, il lui faudra sans doute reporter ou "raboter" un certain nombre d'engagements pris ces derniers mois : revenu de solidarité active, Grenelle de l'environnement, amélioration des petites retraites...C'est la quadrature du cercle.