La question du Tibet et des droits de l'homme en Chine, à quelques mois des JO, est tout sauf simple. L'erreur, commise au départ, a été de confier à Pékin l'organisation de ces Jeux, pour des raisons à la fois politiques et économiques. A l'époque, les dirigeants chinois, pour obtenir l'aval du CIO, avaient déclaré que cela faciliterait la promotion des droits de l'homme dans le pays. Cruelle désillusion aujourd'hui...

Face à ce problème, la France qui va prochainement présider l'Union européenne se cherche encore, dans une certaine confusion médiatique. Pour preuve ces deux déclarations, faites à quelques jours d'intervalle par Rama Yade et Nicolas Sarkozy : le samedi 5 avril, la Secrétaire d'Etat déclare à un journaliste du Monde que la présence présidentielle à la cérémonie d'ouverture des Jeux dépendra de " trois conditions" : la fin des violences et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements au Tibet et l'ouverture du dialogue avec le daïli-lama. Pressée de questions, recadrée par le Ministre des Affaires Etrangères, Rama Yade assure n'avoir jamais utilisé le terme "conditions". Or, le mardi 8 avril, le Président de la République, lors d'un déplacement, affirme : " c'est en fonction de la reprise du dialogue (entre Pékin et le daïli-lama) que je déterminerai des conditions de notre participation". Vous avez bien lu, on parle dans les deux cas de "conditions". Dans ce tohu-bohu, comprenne qui pourra !

Cela me fait songer à ce jugement porté sur Napoléon III que l'on disait tellement menteur que l'on ne pouvait pas croire le contraire de ce qu'il disait.