Les 24 Heures motonautiques sont une longue tradition, dans notre ville. C'est, à ma connaissance, la seule épreuve d'endurance au monde ayant une telle durée. Pourtant, des voix s'élèvent pour supprimer cette manifestation, au nom de l'écologie : elles dénoncent essentiellement la consommation de carburant (40 000litres) et le bruit que génère ce vaste rassemblement sur les bords de la Seine, au coeur de la ville. Il est légitime qu'un débat soit ouvert et donne lieu à une confrontation des divers points de vue. Voici le mien :

Ce grand rendez-vous sportif (30 avril-1er mai) a trouvé sa place le calendrier sportif de notre ville. Ses avantages sont nombreux à mes yeux. Exploit sportif et technique : le pilotage des bateaux est une véritable école de maîtrise. Sur un plan d'eau difficile (marées, objets flottants pas toujours repérables), c'est tout sauf un exercice de style. La compétition améliore par ailleurs la mise au point des moteurs et la sécurité des bateaux. Fête populaire et animation des quais : un public bon enfant, mêlant les générations et les couches sociales, est au rendez-vous, surtout quand le beau temps est de la partie. La ronde des pilotes, la nuit notamment, est en soi un spectacle.

Quant au coût pour la ville, il est de l'ordre de 100 000 euros auxquels s'ajoute une prestation logistique (sécurité), indispensable même si le nombre de bénévoles est important. La notoriété de l'événement dépasse et de loin le cadre rouennais.

Les impératifs écologiques sont-ils négligeables pour autant ? A l'évidence, non. On ne peut les écarter d'un revers de main, ils s'inscrivent dans une logique, nécessaire, de protection de la planète dont Rouen ne peut s'éxonérer. Aussi, je propose d'abord qu'un bilan carbonedes 24 Heures soit effectué dans les prochaines semaines. Puis que la ville s'engage, avec les autres partenaires, à trouver des contreparties au moins égales dans l'année qui vient : journées sans voitures, avec gratuité des transports en commun, interdiction du centre ville aux poids lourds en transit, par exemple. On pourrait ainsi concilier maintien de cette manifestation originale et impératif écologique.

Se focaliser sur les 24 Heures, sans parler des 36 000 mouvements de poids lourds, chaque jour, dans l'agglomération serait une attitude de Gribouille.