Blog de Pierre Albertini

dimanche 20 juillet 2008

Disparition d'un grand européen : Bronislaw Geremek



L'Europe, la Pologne et la France ont perdu un grand ami. Homme de réflexion et d'action, Geremek, opposant résolu au bloc soviétique, fut successivement conseiller de Solidarnosc puis ministre des Affaires étrangÚres, enfin député européen.

J'ai eu la chance de l'entendre et de le lire souvent. Ses discours comme ses écrits témoignaient d'une grande connaissance des réalités européennes qu'il expliquait avec simplicité comme seuls les grands savent le faire. Humaniste, défenseur acharné de la liberté, il a payé de sa personne : emprisonné, interné sous Jaruzelski, il refuse encore de se plier à la loi de "décommunisation" voulue par les frÚres Kaczynski au pouvoir dans son pays. La Cour constitutionnelle de Pologne finira par lui donner raison.

samedi 19 juillet 2008

Poids lourds en ville : une mesure homéopathique



Faute d'un contournement routier complet, l'agglomĂ©ration et la ville sont traversĂ©es par un nombre trĂšs Ă©levĂ© de poids lourds. On en estime les mouvements Ă  36 000 par jour, empruntant des voies dont beaucoup ne sont pas faites pour recevoir un tel trafic. D'oĂč les problĂšmes de pollution atmosphĂ©rique, de sĂ©curitĂ©, de bruit, maintes fois dĂ©noncĂ©s. Rouen en souffre particuliĂšrement car les seuls quais, rive droite et rive gauche, supportent environ 6000 PL par jour. Or l'ouverture simultanĂ©e du pont Flaubert et du barreau sud ouvre dĂ©sormais des perspectives d'amĂ©lioration intĂ©ressantes.

C'est cette opportunité qui avait provoqué, en 2007, la création d'un groupe de travail, destiné à faire des propositions à court terme pour diminuer l'intensité du trafic et ses nuisances. Si l'on en croit le dernier numéro du magazine de l'agglomération, ces mesures se réduiraient à interdire le passage des poids lourds sur les quais hauts, pour les obliger à utiliser les quais bas, sur les deux rives. C'est tout à fait insuffisant ! Certes, les riverains percevront un peu moins de bruit, ce qui n'est pas négligeable. Mais quel est l'impact global en matiÚre de pollution et de sécurité ? La réflexion, conduite par le maire de Petit-Quevilly, accouche d'une souris.

La seule mesure efficace consisterait, comme je l'ai proposĂ©, Ă  interdire aux vĂ©hicules en transit de traverser l'agglomĂ©ration. Ainsi, 20 % du trafic total (7200 PL par jour) cesseraient d'y pĂ©nĂ©trer. En termes de pollution, de fluiditĂ© et de sĂ©curitĂ©, cela aurait un impact fort, en attendant de disposer des voies d'Ă©vitement qui nous font encore dĂ©faut, Ă  l'est et au nord. PrĂšs de nous, Chartres et Le Mans, par exemple, sont interdits aux vĂ©hicules en transit de plus de 7,5 T. Pourquoi, n'est-ce pas possible chez nous ? Le trafic de transit (qui ne fait que traverser l'agglo sans s'y arrĂȘter) n'a aucune utilitĂ© Ă©conomique pour nous. Pourquoi devrions-nous en subir encore les nuisances ?

Enfin, si ce plan devait ĂȘtre adoptĂ© tel quel, a-t-on songĂ© qu'il ruinerait tout projet d'amĂ©nagement ambitieux des quais bas, rive gauche, vouĂ©s Ă  la circulation plus qu'Ă  la dĂ©tente et aux loisirs. La ville de Rouen a son mot Ă  dire dans un tel dossier car elle est, de loin, la plus touchĂ©e par cette noria de camions. Elle doit se faire entendre.

mardi 8 juillet 2008

MédiathÚque : le feuilleton continue



AprĂšs la dĂ©cision brutale de renoncer au projet et d'interrompre le chantier, que rien ne laissait supposer jusqu'Ă  ces derniĂšres semaines, voici que le prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral livre ses propositions, au dĂ©tour d'une question posĂ©e hier, sur le site de l'Armada. Reconnaissant que la "destruction est une dĂ©marche difficile" (c'est un euphĂ©misme) et que le projet architectural est "de qualitĂ©" (merci), il imagine une reconversion du lieu : accueil des archives dĂ©partementales et peut-ĂȘtre de l'Ecole RĂ©gionale des Beaux-Arts.

Si elle n'était pas aussi tardive et solitaire, l'initiative serait sympathique et mériterait une étude dépassionnée. Sauf que :

- tout cela fait penser à un mauvais film dont le scénario s'ecrirait chaque jour, au gré de l'inspiration des acteurs

- toute reconversion aurait dû faire l'objet d'une concertation préalable à la décision funeste du 2 juillet (faisabilité, coût, délai, consultation du maßtre d'oeuvre et de l'entreprise)

- la cohabitation des archives et d'une Ecole, sous un mĂȘme toit, n'est pas Ă©vidente.

Ce feuilleton Ă  rebondissement est loin d'ĂȘtre terminĂ©. Il montre, d'abord, que le fait du prince, ça ne passe pas. L'opinion, attachĂ©e Ă  la continuitĂ© rĂ©publicaine et mĂ©contente du gĂąchis financier prĂ©visible, ne comprend pas la remise en cause d'un chantier largement commencĂ©. Il montre aussi que le pouvoir n'est plus vraiment Ă  la ville : le Maire est sous tutelle, ses "amis" socialistes ne se contentent pas de la marquer Ă  la culotte (façon de parler), ils interviennent ouvertement dans le dĂ©bat rouennais. DĂ©jĂ  Laurent Fabius avait qualifiĂ© d'Ă©litiste la mĂ©diathĂšque, aujourd'hui Didier Marie réécrit l'histoire. Demain, sans doute, les grandes dĂ©cisions, bonnes ou mauvaises, s'imposeront Ă  Rouen. Je ne suis pas sĂ»r que les habitants aient voulu une telle Ă©volution, ils souhaitent la coopĂ©ration entre collectivitĂ©s, pas la mise sous contrĂŽle de leur ville.

mercredi 2 juillet 2008

INGRID BETANCOURT LIBEREE



L'armĂ©e colombienne a annoncĂ©, Ă  21 heures, la libĂ©ration d'Ingrid et de plusieurs autres personnes. Si cette information est bien confirmĂ©e, elle sera une bouffĂ©e d'espoir pour tous les otages encore dĂ©tenus dans le monde. Son portrait apposĂ© sur la façade de l'HĂŽtel de ville pourra ĂȘtre dĂ©crochĂ© avec une immense joie.

Merci aux comités de soutien, merci aux rouennais venus nombreux à chaque manifestation organisée pour sa libération ! La flamme de l'espoir ne meurt jamais.