
Faute d'un contournement routier complet, l'agglomĂ©ration et la ville sont traversĂ©es par un nombre très Ă©levĂ© de poids lourds. On en estime les mouvements Ă
36 000 par jour, empruntant des voies dont beaucoup ne sont pas faites pour recevoir un tel trafic. D'où les problèmes de pollution atmosphérique, de sécurité, de bruit, maintes fois dénoncés. Rouen en souffre particulièrement car les seuls quais, rive droite et rive gauche, supportent environ 6000 PL par jour. Or l'ouverture simultanée du pont Flaubert et du barreau sud ouvre désormais des perspectives d'amélioration intéressantes.
C'est cette opportunité qui avait provoqué, en 2007, la création d'un groupe de travail, destiné à faire des propositions à court terme pour diminuer l'intensité du trafic et ses nuisances. Si l'on en croit le dernier numéro du magazine de l'agglomération, ces mesures se réduiraient à interdire le passage des poids lourds sur les quais hauts, pour les obliger à utiliser les quais bas, sur les deux rives. C'est tout à fait insuffisant ! Certes, les riverains percevront un peu moins de bruit, ce qui n'est pas négligeable. Mais quel est l'impact global en matière de pollution et de sécurité ? La réflexion, conduite par le maire de Petit-Quevilly, accouche d'une souris.
La seule mesure efficace consisterait, comme je l'ai proposé, à interdire aux
véhicules en transit de traverser l'agglomération. Ainsi,
20 % du trafic total (7200 PL par jour) cesseraient d'y pénétrer. En termes de pollution, de fluidité et de sécurité, cela aurait un impact fort, en attendant de disposer des voies d'évitement qui nous font encore défaut, à l'est et au nord. Près de nous, Chartres et Le Mans, par exemple, sont interdits aux véhicules en transit de plus de 7,5 T. Pourquoi, n'est-ce pas possible chez nous ? Le trafic de transit (qui ne fait que traverser l'agglo sans s'y arrêter) n'a aucune utilité économique pour nous. Pourquoi devrions-nous en subir encore les nuisances ?
Enfin, si ce plan devait être adopté tel quel, a-t-on songé qu'il ruinerait tout
projet d'aménagement ambitieux des quais bas, rive gauche, voués à la circulation plus qu'à la détente et aux loisirs. La ville de Rouen a son mot à dire dans un tel dossier car elle est, de loin, la plus touchée par cette noria de camions. Elle doit se faire entendre.