vendredi 24 octobre 2008
Le retard de la France en matière d'autisme
Par Pierre Albertini, vendredi 24 octobre 2008 à 13:17 :: General
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai été ému par la "carte blanche" donnée à Francis Perrin par le magazine Envoyé spécial, d'hier soir. On y voit les progrès accomplis pas à pas par son fils Louis, âgé de plus de six ans aujourd'hui. Atteint d'autisme sévère, diagnostiqué assez tôt, la patience de ses parents et de ses éducateurs parvient, progressivement, à le ramener de son nuage vers le monde réel. Cet effort permanent pour lui procurer, plus tard, les moyens d'être autonome est payant. Louis, inscrit dans une école publique, poursuit son chemin au prix d'un accompagnement quotidien.
Certes, on ne peut enregistrer de tels progrès chez tous les enfants autistes. Mais notre pays accuse, en ce domaine, un grand retard. La prise en charge de ce handicap, trop souvent traité par l'enfermement hospitalier, est encore très insuffisante même si l'Education nationale s'ouvre enfin à l'accueil de ces enfants. Je me rappelle avoir été frappé par la capacité de progresser de jeunes auxquels on avait ouvert les portes d'une école, à Mont-Saint-Aignan, dans un cadre expérimental conduit par une poignée de parents volontaires. Ce qu'ils pouvaient assimiler, par une pédagogie adaptée, par une vie en commun partagée, était considérable : de même, pour l'acquisition de connaissances, grâce à l'ordinateur. Hélas, l'expérience avait été interrompue, par l'Etat, pour des raisons financières. Pourquoi ne pas appliquer les méthodes qui réussissent dans tant d'autres pays ? A cultiver à l'excès sa singularité, notre pays renonce parfois à obtenir des résultats significatifs. Le regard de Louis devrait nous inciter à nous remettre en cause.
