Je reviens, à froid, sur la candidature de notre ville à l'accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse, en 2014. Le dossier méritait d'être étudié, je l'ai fait fin 2007, au moment où fut retenue la première ville organisatrice, pour 2010.

- l'intérêt de ces Jeux : on ne peut encore le cerner car l'épreuve n'a encore jamais été tentée. Quel sera son succès populaire, quel sera son retentissement médiatique ? Ce qui est en discussion, c'est l'opportunité d'organiser une compétition sportive entre des jeunes de 16 ans. Faut-il encourager, à cet âge, le culte du champion, de l'exploit, signe de l'instantané plus que du durable ? Le débat est ouvert...

- l'intérêt pour Rouen : c'est avant tout une opération de notoriété. On parlera de la ville d'accueil, de son histoire, de sa culture. Tout cela n'est pas négligeable quand on connaît le déficit d'image de notre ville, insuffisamment connue et valorisée. L'impact dans le temps ne sera mesuré qu'après la première édition des Jeux, dans deux ans.

- les chances de Rouen : objectivement, elles étaient modestes. Les infrastructures existantes (à l'exception du futur palais des sports) ne satisfaisaient pas, en l'état, le cahier des charges. Elles auraient donc nécessité des investissements supplémentaires. Pour cette raison, je n'ai personnellement donné aucune suite. L'argent public est rare et le sport ne saurait, à lui seul, tenir lieu de politique de la ville.

Quelles erreurs ont conduit la municipalité à l'échec programmé ? J'en vois deux : 1/ le montage solitaire du dossier. Ni la région ni le département ni l'agglomération n'ont été associés en amont alors que leur contribution financière était indispensable. 2/ l'absence de prise en compte des autres candidatures françaises pour les JO "classiques". Depuis un an au moins, on savait, par exemple, que Grenoble préparait son dossier pour les JO d'hiver de 2018. Michel Destot le disait à qui voulait l'entendre (il me l'a confirmé lors de la finale de hockey à Bercy). Depuis quelques semaines, Nice, Annecy sont aussi sur les rangs. Comment imaginer que le Comité national olympique et sportif présenterait, concomitamment, deux candidatures françaises, l'une pour 2014, l'autre pour 2018 ? Et s'il lui fallait choisir, qui pouvait penser qu'il retiendrait les JO de la Jeunesse plus que les JO d'hiver ? Confronté à l'obligation de choisir, pour éviter une dispersion funeste, il a rapidement penché pour les JO d'hiver, formule éprouvée, aux retombées médiatiques et économiques plus sûres. Personne ne peut le lui reprocher.

Au-delà de ces péripéties, Rouen a besoin de se mobiliser pour une grande cause. Cela ne pourra être, avant longtemps, pour les JO de la Jeunesse ou la capitale européenne de la culture. Le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO ou une autre idée ? Le débat reste ouvert.