Blog de Pierre Albertini

mardi 23 décembre 2008

Joyeux Noël et meilleurs voeux pour l'année nouvelle



Notre seule certitude est que l'année 2009 sera différente de l'année 2008. Aussi, je vous propose de méditer ce jugement de Nicolas Hulot :

"Les grandes routes du conformisme mÚnent à la médiocrité et au malheur".

samedi 20 décembre 2008

La communauté urbaine a du plomb dans l'aile

Pour crĂ©er une communautĂ© urbaine Ă  Rouen, comme il en existe dans les plus grandes agglomĂ©rations françaises, il faut un territoire continu de 500 000 habitants. Or, la communautĂ© de communes de Caux-Austreberthe, en disant non Ă  la proposition de Laurent Fabius, en compromet du mĂȘme coup la rĂ©alisation. OĂč retrouver les 25 000 habitants manquants ?

On connaissait les rĂ©ticences de tous ceux qui sont "pour le changement Ă  condition que rien ne bouge" mais on pouvait espĂ©rer que l'intĂ©rĂȘt du projet l'emporterait sur les questions que chacun se posait lĂ©gitimement : quelles compĂ©tences pour la future structure, quel projet Ă  mettre en oeuvre, quel rĂŽle pour la ville centre et pour les autres pĂŽles ? La crainte d'ĂȘtre absorbĂ© dans un vaste ensemble, de perdre ses bastions et, plus encore, de devoir partager le produit de la taxe professionnelle semble ĂȘtre la plus forte. Ce n'est pas Ă  mettre au crĂ©dit des Ă©lus de l'agglomĂ©ration.

Pour ma part, j'avais proposĂ© avant les autres la crĂ©ation d'une communautĂ© urbaine, Ă©chelle pertinente pour rĂ©pondre aux grands dĂ©fis d'aujourd'hui : transports, environnement, dĂ©veloppement Ă©conomique, Ă©quipements structurants...A l'Ă©poque, les socialistes avaient rĂ©pondu que c'Ă©tait une initiative intĂ©ressante mais "prĂ©maturĂ©e". Seule, la communautĂ© d'agglomĂ©ration Seine-Eure (Louviers-Val de Reuil) avait rĂ©pondu favorablement. ConsidĂ©rant qu'une idĂ©e doit ĂȘtre jugĂ©e en fonction de son intĂ©rĂȘt et non de son auteur, je ne me rĂ©jouis pas des difficultĂ©s que rencontre maintenant la crĂ©ation d'une CU. Je ne joindrai pas ma voix Ă  ceux qui se lamentent perpĂ©tuellement ou cherchent un alibi pour ne rien faire. On tenait lĂ  une occasion de faire entrer notre agglomĂ©ration dans la cour des grands (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Marseille, Nantes et quelques autres), je veux croire encore que ce n'est pas fichu.

vendredi 19 décembre 2008

L'Opéra passe sous pilotage régional



Le conseil municipal du 19 décembre va entériner les nouveaux statuts de l'Opéra. Celui-ci passe désormais sous pilotage régional exclusif. Certes, il y a un aspect positif dans cette transformation : la région apporte désormais la part essentielle du financement (5 M euros), celle de la ville diminue sensiblement (elle n'est plus que de 2 M). Mais la conséquence tirée de cette inversion des financements est drastique : la présidence de l'Opéra devient totalement régionale. Exit la présidence tournante que j'avais proposé à Alain Le Vern et qui marquait la volonté des deux partenaires de coopérer, au-delà de leurs différences politiques ! Si Valérie Fourneyron avait du poids, elle aurait obtenu le maintien de cette alternance, gage de partage du projet et que beaucoup de collectivités nous enviaient. AprÚs tout, la ville amÚne dans la corbeille le Théatre des Arts dont la valeur patrimoniale est tout sauf négligeable. Il faudra d'ailleurs quelques années avant que l'effort de la région équilibre l'apport de la ville...

Enfin, les élus de Rouen seront évidemment minoritaires au sein du C.A. Et comme pour effacer le passé prestigieux du Théatre des Arts, l'appellation officielle devient : "Opéra de Haute-Normandie-Rouen". Un symbole de la perte d'influence de la ville. Tout cela est-il conforme au rang de capitale régionale que notre ville doit tenir ?

Réforme des lycées : report ou retrait ?

La rĂ©forme de la classe de seconde est au moins reportĂ©e. La multiplication des manifestations et des occupations d'Ă©tablissement a fait reculer le PrĂ©sident et le Gouvernement. Officiellement, pour calmer les esprits et remettre ensuite l'ouvrage sur le mĂ©tier. L'objectif est-il atteint ? Rien n'est moins sĂ»r. Les jeunes, loin d'ĂȘtre satisfaits, demandent maintenant l'abandon total du projet. Leur premier succĂšs les conforte.

La classe de seconde mĂ©rite d'ĂȘtre rĂ©organisĂ©e. Mais peut-elle l'ĂȘtre isolĂ©ment ? A l'Ă©vidence, non. Le cycle qui va de la seconde Ă  la terminale forme un tout indivisible. Le ministre espĂ©rait peut-ĂȘtre qu'en tronçonnant sa rĂ©forme, il limiterait la coagulation des mĂ©contentements. Peine perdue !

Mais, au fait, de quoi parlent les lycĂ©ens contestataires ? Du contenu de la rĂ©forme concoctĂ©e par Xavier Darcos, pas vraiment. A travers la question rĂ©currente des "moyens", ils disent surtout leur inquiĂ©tude devant l'avenir, trĂšs au-delĂ  des corrections de programmes et d'horaires Ă©voquĂ©es par le ministre. C'est d'ailleurs le sens de toutes leurs manifestations depuis une vingtaine d'annĂ©es. PĂ©riodiquement, ils descendent dans la rue en clamant qu'ils risquent d'ĂȘtre une gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e. Dialogue de sourds ? AssurĂ©ment. S'agit-il seulement d'accroĂźtre les moyens de l'Education nationale ? Tous les experts savent que la France est l'un des pays qui consacre le plus de crĂ©dits Ă  ses collĂšges et Ă  ses lycĂ©es, sans que les rĂ©sultats soient vraiment au rendez-vous. Depuis longtemps, elle a arbitrĂ© en leur faveur, nĂ©gligeant l'universitĂ© qui n'a cessĂ© de s'appauvrir.

Aborder la réforme des lycées avec une chance de succÚs suppose d'abord une véritable réflexion sur les missions de l'Education nationale, sur les savoirs qu'elle doit transmettre, sur l'autorité des professeurs et la qualité de leur formation. Tant que ce contrat de confiance entre la nation (et ses jeunes) et l'institution scolaire n'aura pas été renouvelé, nous continuerons de bricoler, sans améliorer vraiment la performance du systÚme et l'égalité des chances. N'est-ce pas l'un des aspects majeurs de ce que Edgar Morin appelait une "politique de civilisation" ?

jeudi 11 décembre 2008

Le cousin d'ET découvre Rouen



Dans les rues de la ville comme sur la couverture de Rouen Magazine, ce petit personnage, venu d'une autre planĂšte, accorde, depuis quelques jours, son patronage aux fĂȘtes de NoĂ«l. Mais ce n'est pas pour lui une sinĂ©cure. ArrimĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  la cathĂ©drale, il hurle de douleur, ses yeux exorbitĂ©s expriment le traitement inhumain qui lui est infligĂ© : supporter, pendant un mois, le contact glacĂ© de la tour Saint-Romain et de la flĂšche tranchante. Et pas un seul regard de pitiĂ© ou de compassion des passants : perchĂ© comme il est, personne ne l'aperçoit ni ne peut le dĂ©livrer. Dure fin d'annĂ©e pour lui !

Rassurez-vous, cette interprĂ©tation n'est heureusement pas la bonne. Le crĂ©ateur de ce personnage explique, trĂšs sĂ©rieusement, qu'il ne s'agit ni d'ET ni d'un quelconque ĂȘtre lunaire mais d'une..."marmotte humanisĂ©e", faisant la fĂȘte chez nous. Ouf, je prĂ©fĂšre ça. Pour moi, NoĂ«l est un moment de fraternitĂ© et de tendresse, non une occasion de supplice, des animaux ou des hommes.

mercredi 10 décembre 2008

10 décembre 1948 - 10 décembre 2008 : 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme



Le 10 décembre 1948, aprÚs plusieurs années d'ùpres discussions, 58 Etats approuvaient la Déclaration universelle des droits de l'homme, largement inspirée par le juriste français René Cassin. Celui-ci savait pertinemment que ce texte exprimait un idéal à atteindre. Au lendemain de la guerre et des atrocités qui l'avaient accompagnée, les auteurs du texte espéraient une contagion bienfaisante des principes qu'ils formulaient.

OĂč en est-on aujourd'hui ? La carte des Etats respectueux des droits fondamentaux et de la dignitĂ© de la personne humaine est loin de couvrir la planĂšte. La force des principes s'Ă©mousse. La France elle-mĂȘme, qui se considĂšre comme la "patrie des droits de l'homme", a aussi Ă  balayer devant sa porte. Elle se contente trop facilement de proclamer des droits sans veiller suffisamment Ă  leur application effective.

dimanche 7 décembre 2008

Vallée Galantine : l'aboutissement d'un long combat

L'Association de Défense vient de me confirmer une nouvelle attendue depuis de longues années : la fin du projet de Centre d'enfouissement technique, imaginé dans un site d'une exceptionnelle qualité qui, aux confins de la Seine-Maritime et de l'Eure descend, en pente douce, du plateau de Quevreville jusqu'à la commune de Pßtres. J'en ai éprouvé une grande joie. La mobilisation des habitants, de nombreux élus (pas tous hélas) a finalement payé. On n'enfouira donc pas, dans ce paysage magnifique, les milliers de tonnes de déchets qui l'auraient défiguré et pollué. Désormais, la vallée Galantine est classée en zone naturelle sensible, incompatible avec de tels projets.

Ce dossier fut l'un des plus attachants de mon mandat de dĂ©putĂ©. Aussi important et symbolique, pour moi, que le classement de la colline Sainte-Catherine ou, plus anciennement, du Fond du Val, obtenu de la commission des sites. 135 hectares Ă©chappent Ă  l'entĂȘtement destructeur !

samedi 6 décembre 2008

Le chaĂźnon manquant de l'autoroute Rouen-Le Havre

Parmi les grands travaux dont la relance a été annoncée récemment, figure la réalisation du tronçon Barentin-YvetÎt, véritable chaßnon manquant de la liaison rapide entre les deux grandes villes normandes. La déclaration d'utilité publique datait pourtant de 1998 mais, d'avatar de procédure en vaines pressions en faveur de la gratuité, le dossier cheminait au rythme de l'administration, qui a souvent l'éternité devant elle. S'agissant d'une opération concédée, on peut espérer le démarrage des travaux en 2010. Une bonne nouvelle donc, notamment sur le plan de la sécurité.

Un grand regret cependant : que parmi les prioritĂ©s ferroviaires, rien de significatif n'ait Ă©tĂ© prĂ©vu pour l'amĂ©lioration de la liaison avec Paris. Le cadencement des trains annoncĂ© pour bientĂŽt est une bonne chose mais cela ne palliera pas la vĂ©tustĂ© et l'encombrement des voies, les dĂ©faillances techniques, donc les nombreux retards. Au moment oĂč bien des agglomĂ©rations ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de lignes Ă  grande vitesse, la nĂŽtre n'a cessĂ© de rĂ©gresser, depuis trente ans, en termes de confort, de rĂ©gularitĂ© et de vitesse des trains. Une Normandie unifiĂ©e aurait pesĂ© plus lourd dans la balance.