Blog de Pierre Albertini

jeudi 25 juin 2009

Une agence d'urbanisme pour l'agglomération, enfin !

L'agglomération de Rouen était l'une des rares de cette dimension à ne plus disposer d'une agence d'urbanisme, lieu d'étude et de confrontation des points de vue et outil de culture commune. La précédente agence avait été supprimée en 1985, par une décision funeste. Avec Pierre Bourguignon, maire de Sotteville, nous avions proposé d'en recréer une mais une réaction de susceptibilité du président de la CAR (que M. Fabius n'avait pas voulu surmonter à l'époque) n'avait pas permis d'aboutir. C'est chose faite désormais et je m'en réjouis. Un grand merci au maire de Sotteville (et à quelques-autres) pour leur ténacité récompensée. Mon seul regret est l'absence de la ville de Rouen, de loin la plus peuplée, dans la répartition des vice-présidences de l'agence. Faut-il y voir un signe ?

lundi 22 juin 2009

Le Président à Versailles



AFP PHOTO JOEL SAGET Le Congrès de Versailles réunis le 4 février 2008.

Cà y est, c'est fait. Depuis cette après-midi, Nicolas Sarkozy a pu s'exprimer devant les parlementaires, réunis en Congrès, à Versailles. C'est la première fois depuis 1875 que le chef de l'Etat peut ainsi parler lui-même dans une enceinte parlementaire. Le général de Gaulle y avait songé lui-aussi mais il avait renoncé à l'idée pour ne pas heurter la tradition républicaine. En commençant son discours, le Président a dit avoir conscience d'une circonstance historique nouvelle.

Qu"en penser ? La possibilité de s'adresser directement aux parlementaires ne transformera pas substantiellement le fonctionnement de nos institutions, elle ne revalorisera pas vraiment le Parlement. Quelle différence, sur le fond, avec le droit de message dont disposait jusqu'ici le Président ? En réalité, l'objet de cette réforme est ailleurs : il est de solenniser, de théatraliser l'intervention présidentielle en la plaçant dans le lieu le plus symbolique de la République (même si, historiquement, Versailles n'est pas Paris). La forme importe ici plus que le contenu du discours. Le grand perdant de cette mise en scène est le Premier ministre, réduit à être, plus encore, la voix de son maître.

Que reste-t-il, aujourd'hui, de la conception gaullienne des institutions ?

vendredi 19 juin 2009

Une lueur d'espoir en Iran



L'Iran, un des plus vieux pays du monde, qu'on croyait sous la chape de plomb du pouvoir religieux, ne cesse de nous surprendre depuis quelques jours. Je ne sais évidemment pas ce qui va sortir de cette agitation mais j'ai le sentiment que l'histoire peut basculer. Quelle que soit l'issue, rien ne sera vraiment comme avant. Même si le pouvoir en place, provisoirement conforté, en venait à se durcir encore. Une grande partie du peuple, contestant la régularité du scrutin, a fait irruption dans la rue et il faudra compter avec elle. Ce qui se passe sous nos yeux à Téhéran rappelle ce qui se passait en Pologne lorsque Solidarnosc défiait le gouvernement en place.

Depuis la révolution de 1979, trente ans ont passé. L'opinion est lasse, elle subit une situation économique difficile, les jeunes étouffent sous le poids d'un pouvoir fermé sur lui-même, les étudiants aspirent à une plus grande liberté. S'agit-il d'une revendication démocratique? peut-être ? D'une aspiration à une ouverture de la société ? certainement. L'importance des manifestations, malgré les arrestations et les morts, le prouve à l'évidence. Si les élections avaient été libres, verrait-on autant d'Iraniens crier leur colère, en dépit des intimidations quotidiennes ?

Deux facteurs favorables plaident en faveur d'une évolution politique de l'Iran même si elle n'est pas immédiate. D'une part, le pouvoir religieux n'est pas aussi uni qu'on pouvait le croire. Malgré les déclarations péremptoires du guide suprême, les mollahs ne sont pas tous sur la même longueur d'onde. D'autre part et surtout, la fermeture des frontières, le contrôle accru de la police, une répression sévère ne peuvent empêcher les Iraniens de correspondre avec l'extérieur et d'en recevoir des informations. C'est la grande leçon des moyens de communication modernes : l'expulsion des journalistes ne suffit plus, internet maintient un lien entre les habitants et l'environnement international. On le voit, par exemple, avec Twitter.

Il y a une lueur d'espoir en Iran, entretenons-la !

vendredi 12 juin 2009

Médiathèque de Rouen : ultima ratio populi



Au moment où s'achèvent les travaux de ce que l'on continue d'appeler la médiathèque, on peut découvrir le dernier clin d'oeil de l'architecte Rudy Ricciotti à son oeuvre. Sur une des façades en béton blanc, il a fait graver, comme une invitation à la réflexion : ultima ratio populi.

Dernier argument du peuple. A la manière de la devise que Louis XIV faisait graver sur ses canons : ultima ratio regum (ultime argument des rois). A défaut de recevoir un nom que la destination principale du bâtiment (archives du département, ) ne permet plus, voilà qui souligne un gâchis sans exemple dans notre histoire municipale : la remise en cause d'un projet d'intérêt général, alors que le chantier était déjà très avancé, et sa reconversion improvisée pour sauver le maire de Rouen qui avait imprudemment annoncé sa destruction.

Le résultat ne satisfera vraiment personne : ni les rouennais qui attendaient une médiathèque moderne, digne du caractère universitaire de notre ville ni le département dont les archives ne pourront être accueillies qu'en partie, dans des conditions loin d'être idéales. Je me suis d'ailleurs laissé dire que l'avis des Archives de France, obligatoirement consultées, était réservé. Sur le plan financier, le coût total (+ 50 millions d'euros) dépassera nettement celui de la médiathèque. Le ratio au mètre carré du centre d'archives sera pharaonique, au moment même où le chômage s'accroît dans de fortes proportions. C'est une curieuse façon de répondre aux attentes des "seinomarins", en général et des rouennais, en particulier.

Ultima ratio populi : c'est en effet au peuple que reviendra le dernier mot !

dimanche 7 juin 2009

Elections européennes : le verdict !



Après une campagne qui ne s'est jamais vraiment animée, les résultats sont tombés. Avec un tel taux d'abstention, le commentaire doit être prudent. Les gagnants sont d'abord ceux qui ont mobilisé leur camp, les perdants ceux qui ont découragé leurs partisans. Cette grille de lecture permet de faire quelques observations.

La grande perdante, c'est d'abord l'Europe qui, faute de volonté politique, n'a su communiquer ni espoir ni enthousiasme. Pourtant, jamais les solutions n'ont autant dépendu de l'Union, qu'il s'agisse de notre emploi, de notre environnement ou de notre sécurité. C'est ce paradoxe qu'il faudra dissiper. Je ne crois pas que M. Barroso en soit capable.

Au plan intérieur, où les partis se jaugent, il y a des gagnants (relatifs) et des perdants (relatifs). Parmi les premiers, "Europe Ecologie" de Cohn Bendit qui, avec une campagne commencée très tôt, a amélioré sensiblement son score en prenant des voix au PS et au MoDem. Ensuite, l'UMP qui a évité ainsi un vote-sanction : depuis que le Parlement européen est élu au suffrage universel, le parti du président n'a fini en tête qu'en 1979 et en... 2009.

Parmi les seconds, le PS qui aujourd'hui en panne d'idées et de leader, paie cruellement son absence de rénovation et d'autocritique. Et le MoDem qui a perdu, dans les derniers jours, l'effet de sympathie qu'il avait su créer et ne pourra donc pas capitaliser sur ses résultats. Si François Bayrou veut rebondir, il devra réviser singulièrement ses méthodes et son calendrier. Il n'est pas sûr qu'une élection en cache une autre contrairement au train !
message écrit à 22 h.

mardi 2 juin 2009

Elections européennes : les trois priorités de l'Union


A l'heure du choix qui se dessine dans les 27 pays de l'Union, voici quelles sont, à mon sens, les 3 priorités de l'Europe :

- définir les modalités d'une régulation financière et la proposer au G 20. Immédiat !

- adopter et mettre en oeuvre une politique de l'énergie commune, qui puisse guider les Etats comme les entreprises. Urgent !

- développer une politique de défense pour assurer la sécurité de l'Union et sa présence dans le monde. Moyen terme.

C'est à ces conditions que l'Europe existera, non pas seulement comme espace économique mais comme puissance politique. Face à ces échéances majeures, les considérations d'ordre interne (qui sera en tête, quel sera le rapport des forces UMP, PS, MODEM...?), apparaissent dérisoires.