Après une campagne qui ne s'est jamais vraiment animée, les résultats sont tombés. Avec un tel taux d'abstention, le commentaire doit être prudent. Les gagnants sont d'abord ceux qui ont mobilisé leur camp, les perdants ceux qui ont découragé leurs partisans. Cette grille de lecture permet de faire quelques observations.

La grande perdante, c'est d'abord l'Europe qui, faute de volonté politique, n'a su communiquer ni espoir ni enthousiasme. Pourtant, jamais les solutions n'ont autant dépendu de l'Union, qu'il s'agisse de notre emploi, de notre environnement ou de notre sécurité. C'est ce paradoxe qu'il faudra dissiper. Je ne crois pas que M. Barroso en soit capable.

Au plan intérieur, où les partis se jaugent, il y a des gagnants (relatifs) et des perdants (relatifs). Parmi les premiers, "Europe Ecologie" de Cohn Bendit qui, avec une campagne commencée très tôt, a amélioré sensiblement son score en prenant des voix au PS et au MoDem. Ensuite, l'UMP qui a évité ainsi un vote-sanction : depuis que le Parlement européen est élu au suffrage universel, le parti du président n'a fini en tête qu'en 1979 et en... 2009.

Parmi les seconds, le PS qui aujourd'hui en panne d'idées et de leader, paie cruellement son absence de rénovation et d'autocritique. Et le MoDem qui a perdu, dans les derniers jours, l'effet de sympathie qu'il avait su créer et ne pourra donc pas capitaliser sur ses résultats. Si François Bayrou veut rebondir, il devra réviser singulièrement ses méthodes et son calendrier. Il n'est pas sûr qu'une élection en cache une autre contrairement au train !
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