Au moment où s'achèvent les travaux de ce que l'on continue d'appeler la médiathèque, on peut découvrir le dernier clin d'oeil de l'architecte Rudy Ricciotti à son oeuvre. Sur une des façades en béton blanc, il a fait graver, comme une invitation à la réflexion : ultima ratio populi.

Dernier argument du peuple. A la manière de la devise que Louis XIV faisait graver sur ses canons : ultima ratio regum (ultime argument des rois). A défaut de recevoir un nom que la destination principale du bâtiment (archives du département, ) ne permet plus, voilà qui souligne un gâchis sans exemple dans notre histoire municipale : la remise en cause d'un projet d'intérêt général, alors que le chantier était déjà très avancé, et sa reconversion improvisée pour sauver le maire de Rouen qui avait imprudemment annoncé sa destruction.

Le résultat ne satisfera vraiment personne : ni les rouennais qui attendaient une médiathèque moderne, digne du caractère universitaire de notre ville ni le département dont les archives ne pourront être accueillies qu'en partie, dans des conditions loin d'être idéales. Je me suis d'ailleurs laissé dire que l'avis des Archives de France, obligatoirement consultées, était réservé. Sur le plan financier, le coût total (+ 50 millions d'euros) dépassera nettement celui de la médiathèque. Le ratio au mètre carré du centre d'archives sera pharaonique, au moment même où le chômage s'accroît dans de fortes proportions. C'est une curieuse façon de répondre aux attentes des "seinomarins", en général et des rouennais, en particulier.

Ultima ratio populi : c'est en effet au peuple que reviendra le dernier mot !