L'Iran, un des plus vieux pays du monde, qu'on croyait sous la chape de plomb du pouvoir religieux, ne cesse de nous surprendre depuis quelques jours. Je ne sais Ă©videmment pas ce qui va sortir de cette agitation mais j'ai le sentiment que l'histoire peut basculer. Quelle que soit l'issue, rien ne sera vraiment comme avant. MĂȘme si le pouvoir en place, provisoirement confortĂ©, en venait Ă  se durcir encore. Une grande partie du peuple, contestant la rĂ©gularitĂ© du scrutin, a fait irruption dans la rue et il faudra compter avec elle. Ce qui se passe sous nos yeux Ă  TĂ©hĂ©ran rappelle ce qui se passait en Pologne lorsque Solidarnosc dĂ©fiait le gouvernement en place.

Depuis la rĂ©volution de 1979, trente ans ont passĂ©. L'opinion est lasse, elle subit une situation Ă©conomique difficile, les jeunes Ă©touffent sous le poids d'un pouvoir fermĂ© sur lui-mĂȘme, les Ă©tudiants aspirent Ă  une plus grande libertĂ©. S'agit-il d'une revendication dĂ©mocratique? peut-ĂȘtre ? D'une aspiration Ă  une ouverture de la sociĂ©tĂ© ? certainement. L'importance des manifestations, malgrĂ© les arrestations et les morts, le prouve Ă  l'Ă©vidence. Si les Ă©lections avaient Ă©tĂ© libres, verrait-on autant d'Iraniens crier leur colĂšre, en dĂ©pit des intimidations quotidiennes ?

Deux facteurs favorables plaident en faveur d'une Ă©volution politique de l'Iran mĂȘme si elle n'est pas immĂ©diate. D'une part, le pouvoir religieux n'est pas aussi uni qu'on pouvait le croire. MalgrĂ© les dĂ©clarations pĂ©remptoires du guide suprĂȘme, les mollahs ne sont pas tous sur la mĂȘme longueur d'onde. D'autre part et surtout, la fermeture des frontiĂšres, le contrĂŽle accru de la police, une rĂ©pression sĂ©vĂšre ne peuvent empĂȘcher les Iraniens de correspondre avec l'extĂ©rieur et d'en recevoir des informations. C'est la grande leçon des moyens de communication modernes : l'expulsion des journalistes ne suffit plus, internet maintient un lien entre les habitants et l'environnement international. On le voit, par exemple, avec Twitter.

Il y a une lueur d'espoir en Iran, entretenons-la !