AFP PHOTO JOEL SAGET Le CongrÚs de Versailles réunis le 4 février 2008.

CĂ  y est, c'est fait. Depuis cette aprĂšs-midi, Nicolas Sarkozy a pu s'exprimer devant les parlementaires, rĂ©unis en CongrĂšs, Ă  Versailles. C'est la premiĂšre fois depuis 1875 que le chef de l'Etat peut ainsi parler lui-mĂȘme dans une enceinte parlementaire. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle y avait songĂ© lui-aussi mais il avait renoncĂ© Ă  l'idĂ©e pour ne pas heurter la tradition rĂ©publicaine. En commençant son discours, le PrĂ©sident a dit avoir conscience d'une circonstance historique nouvelle.

Qu"en penser ? La possibilitĂ© de s'adresser directement aux parlementaires ne transformera pas substantiellement le fonctionnement de nos institutions, elle ne revalorisera pas vraiment le Parlement. Quelle diffĂ©rence, sur le fond, avec le droit de message dont disposait jusqu'ici le PrĂ©sident ? En rĂ©alitĂ©, l'objet de cette rĂ©forme est ailleurs : il est de solenniser, de thĂ©atraliser l'intervention prĂ©sidentielle en la plaçant dans le lieu le plus symbolique de la RĂ©publique (mĂȘme si, historiquement, Versailles n'est pas Paris). La forme importe ici plus que le contenu du discours. Le grand perdant de cette mise en scĂšne est le Premier ministre, rĂ©duit Ă  ĂȘtre, plus encore, la voix de son maĂźtre.

Que reste-t-il, aujourd'hui, de la conception gaullienne des institutions ?