Blog de Pierre Albertini

mercredi 25 novembre 2009

"L'identité nationale, vrai ou faux débat ?" 26 novembre



Au moment oĂč s'engage le dĂ©bat sur l'identitĂ© nationale, l'universitĂ© populaire de Rouen invite Ă  une rĂ©flexion sur ce sujet qui fait polĂ©mique. Jeudi 26 novembre, Maison des Associations (11, avenue Pasteur), Ă  18 H 30. EntrĂ©e libre.

samedi 21 novembre 2009

Le Melville en grand danger



Jean-Michel Mongrédien

Le Melville entretient, Ă  Rouen, la flamme fragile du cinĂ©ma d'art et d'essai. Depuis plusieurs annĂ©es, Jean-Michel MongrĂ©dien et son Ă©quipe se battent, Ă  la fois, pour obtenir des films d'auteur, les maintenir Ă  l'affiche et pour bĂ©nĂ©ficier, comme c'est maintenant le cas dans beaucoup de villes, du concours financier des collectivitĂ©s locales. Pour continuer Ă  vivre, ces quatre salles, au coeur de Rouen, ont besoin de 80 000 euros par an. A partager en trois, cela ne reprĂ©sente qu'une somme modeste pour chacune des collectivitĂ©s. Le rappport coĂ»t-spectateurs est on ne peut plus intĂ©ressant. Combien de subventions, autrement plus Ă©levĂ©es, se perdent en actions dont l'intĂ©rĂȘt est discutable !

Pilote depuis l'origine de ce concours financier, organisĂ© par la loi, la ville de Rouen vient malheureusement de diminuer par deux son aide et s'oppose Ă  sa reconduction par le conseil gĂ©nĂ©ral et le conseil rĂ©gional. Au nom du projet de reconstituer un nouveau pĂŽle art et essai au Gaumont RĂ©publique qui va trĂšs bientĂŽt fermer ses portes. C'est ici que le bĂąt blesse. L'idĂ©e de faire vivre d'autres salles au centre ville est Ă©videmment bonne. A condition que ne soit pas dĂ©truit ce qui existe. Or c'est prĂ©cisĂ©ment le danger que court le Melville dans les prochaines semaines. Si ses charges d'exploitation ne sont pas Ă©quilibrĂ©es par ses recettes, il devra fermer, irrĂ©mĂ©diablement. Ainsi partira en fumĂ©e le patient travail rĂ©alisĂ© pendant tant d'annĂ©es. Le festival du cinĂ©ma nordique lui-mĂȘme qui doit tout Ă  J. M. MongrĂ©dien peut aussi disparaĂźtre dans la tourmente...

Qui voudrait de ce scénario absurde ? Il est temps que la ville rétablisse sa subvention et accepte une discussion avec le Melville, avant de précipiter sa chute. Le projet de réouverture du Gaumont République est intéressant mais il doit prendre en compte l'existence, menacée, du Melville. Comment ? L'une des possibilités est de poursuivre l'exploitation du Gaumont dans la ligne cinématographique d'aujourd'hui (un cinéma grand public, également utile en centre ville). L'autre est de proposer une association du Melville à l'exploitation du Gaumont ainsi que nous l'avions envisagée au départ. Faute de revoir ce dossier avec intelligence, nous courons un double risque : celui de voir fermé le Melville rapidement et celui de ne pas trouver ensuite d'exploitant sérieux pour le Gaumont. Nous perdrions alors sur les deux tableaux ! Ce serait lamentable pour le cinéma de centre ville et pour les films d'auteur.

A propos de film d'auteur, je recommande "Le ruban blanc" que j'ai vu, au Melville, cet aprÚs-midi. C'est un film rude. Mais Dieu que les images sont belles et donnent à réflechir sur les rapports parents-enfants, dans la société de l'Allemagne du nord, avant la guerre de 14. A cÎté du cinéma commercial, on a besoin aussi de films de cette qualité si on ne veut pas sombrer dans le plus total conformisme.

lundi 16 novembre 2009

Les grands défis écologiques 19 novembre et 7 janvier



A quelques semaines du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, l'Université populaire de Rouen vous propose deux conférences-débat, animées par Esther Martinez, consultante en environnement, ancienne Secrétaire générale de la DIREN. Une occasion de mieux mesurer les défis écologiques de la planÚte, sous l'angle environnemental et humain.

Maison des Associations (11, avenue Pasteur) jeudi 19 novembre et 7 janvier, à 18h30. Entrée libre, sans inscription préalable

dimanche 8 novembre 2009

Rencontre avec Yves MICHAUD, philosophe



L'Université Populaire et l'ArmitiÚre vous proposent une rencontre décapante avec Yves MICHAUD, philosophe, directeur de l'Université de tous les savoirs. Le 12 novembre, à 18 h, il viendra présenter son dernier livre :

"Qu'est-ce que le mérite ?" (Bourin éd. septembre 2009).

Venez l'écouter et dialoguer avec lui, vous ne le regretterez pas.
L'ArmitiĂšre : 12 novembre, 18 h.

lundi 2 novembre 2009

Un débat sur l'identité, pour quoi faire ?



Curieuse idĂ©e et curieuse mĂ©thode que celles qui consistent Ă  lancer, sans vĂ©ritable rĂ©flexion prĂ©alable, et sous la conduite des prĂ©fets, un dĂ©bat sur l'identitĂ© nationale. Cela vient un peu comme un cheveu sur la soupe et les rĂ©sultats risquent d'ĂȘtre fort dĂ©cevants. D'abord, pourquoi cette rĂ©fĂ©rence Ă  notre "identitĂ©" ? S'il s'agit encore une fois de souligner notre singularitĂ©, je crains que l'exercice ne finisse en eau de boudin. Il y a, dans notre pays, un vieux fond d'orgueil et de nostalgie, mĂȘlĂ© de pĂ©tainisme qui me fait craindre le pire : un nouveau recroquevillement sur nous-mĂȘmes, une justification supplĂ©mentaire de l'"exception" française. Ensuite, en quoi des fonctionnaires comme les prĂ©fets (placĂ©s sous l'autoritĂ© du gouvernement) sont-ils aptes Ă  prĂ©sider Ă  un exercice qui n'a de sens que s'il est collectif et ouvert Ă  toutes sortes de tĂ©moignages ? Français de souche et naturalisĂ©s plus rĂ©cents, jeunes et seniors, responsables associatifs, chefs d'entreprise, artistes, intellectuels et ouvriers, chacun a son mot Ă  dire, pour le plus grand bĂ©nĂ©fice de tous.

Pour moi, il s'agit moins de dĂ©finir une "identitĂ©" nationale que de s'interroger sur ce qu'est, aujourd'hui, la communautĂ© dans laquelle nous vivons. Qu'est-ce qui fait France en 2009 ? Il est devenu banal d'Ă©voquer la montĂ©e des incertitudes et des inĂ©galitĂ©s, l'aspiration Ă  une rĂ©ussite individuelle qui fait souvent oublier la solidaritĂ© Ă©lĂ©mentaire envers nos semblables. Notre vivre ensemble s'effrite comme se dĂ©sagrĂšge le ciment social qui devrait nous rĂ©unir. Comment renforcer notre cohĂ©sion ? Comment former une communautĂ© de citoyens, libres et responsables, donnant Ă  chacun la chance de se rĂ©aliser et de s'Ă©panouir ? Si de telles questions sont au centre du dĂ©bat, ce dernier pourrait ĂȘtre fructueux.

La France, ce n'est pas une collection d'individus dĂ©connectĂ©s, livrĂ©s Ă  la seule satisfaction de leurs intĂ©rĂȘts, revendiquant leurs droits et oublieux de leurs devoirs. La France, c'est plus que l'addition de nos talents respectifs. C'est d'abord un passĂ©, une histoire, une langue dont nous hĂ©ritons. Mais, plus encore, c'est un idĂ©al, un rĂȘve partagĂ©s, un livre Ă  Ă©crire ensemble. C'est un fonds de valeurs et de rĂšgles de vie en commun que chaque gĂ©nĂ©ration enrichit Ă  sa façon. Combien une rĂ©flexion sur ces aspects pourrait ĂȘtre fructueuse ! Elle nous aiderait Ă  renouveler le pacte qui nous lie les uns aux autres, elle contribuerait Ă  construire une sociĂ©tĂ© plus gĂ©nĂ©reuse et plus accueillante. J'ai peur que ce ne soit hĂ©las une occasion manquĂ©e...