La violence chez les jeunes est en augmentation, au moins depuis une dizaine d'années. L'actualité en fournit de nombreux exemples, dans les collèges et les lycées, sur la voie publique, dans les moyens de transport ou au coeur des cités. Au gré des humeurs, on la constate, la déplore ou la stigmatise, on peut aussi s'en servir, à quelques mois d'une échéance électorale, pour mobiliser son camp ou discréditer ses adversaires. Cela prêterait à sourire si le phénomène ne traduisait pas, en réalité, une forme d'impuissance à juguler une explosion de violence, une sorte de renoncement qui approfondit le fossé entre la société et sa jeunesse. Il ne suffit pas de brandir des menaces pour obtenir des résultats, le bon sens populaire l'a compris depuis longtemps

Entendons-nous bien ! Les enfants d'aujourd'hui ne sont ni plus ni moins violents que ceux des générations précédentes. Pourtant, très tôt, on entend les instituteurs se plaindre du comportement d'une partie d'entre eux : difficulté à se concentrer, agitation, impertinence précoce. Plus tard, ce sont les haussements d'épaules, les gestes provocateurs, les insultes qui précèdent parfois les agressions verbales ou physiques, dès le collège. Dans quels cercles ces jeunes, turbulents ou agressifs, évoluent-ils ? Principalement, au sein de leur famille, dans l'enceinte scolaire ou dans l'entourage des copains. Mais au contact permanent des images de violence que la société véhicule tous azimuts, sur ses écrans .

Il serait temps que, dans leur univers parental ou scolaire, la présence d'une autorité ferme et juste soit renforcée. Or, seuls des adultes (parents et enseignants, tous deux éducateurs)) sont en état d'apprendre aux jeunes les règles de conduite élémentaires qui vont de la maîtrise de soi au respect de l'autre. Par une série d'abandons et de reculs, nous avons abandonné ce terrain, nous en payons lourdement aujourd'hui les effets. C'est cet effort d'éducation qu'il faut réentreprendre d'urgence. Tout le reste n'est qu'alibi ou gadget, de l'intervention de la police dans les établissements, à la fouille des cartables ou à la pose de portiques de sécurité ou de caméras de vidéosurveillance. Au mieux, cette panoplie ne fera que déplacer la violence, sans la résorber. Ce n'est pas d'une politique de Gribouille que nous avons besoin, c'est d'une mobilisation collective pour procurer à tous les jeunes une chance de se réaliser et de s'épanouir dans notre société.