Les limites de la politique d'ouveruure
Par Pierre Albertini, dimanche 28 février 2010 à 11:00 :: General :: #489 :: rss
Depuis son élection, le président de la République a construit une grande partie de sa stratégie politique sur l'entrée au gouvernement de personnalités issues de la société civile telles Martin Hirsch et Fadéla Amara ou de la gauche avec Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel et Eric Besson. Ce geste audacieux a été salué à l'époque comme un coup de maître : la preuve de la capacité de faire bouger les lignes, d'attirer à lui, au-delà des clivages classiques, des hommes et des femmes d'horizons différents et voulant concourir au programme de réformes souhaité par Nicolas Sarkozy. Ce dernier ne sétait-il pas vanté d'être désormais le DRH du parti socialiste ?
Avec le recul, on peut douter que les avantages politiques attendus soient vraiment au rendez-vous. L'illusion sarkoziste fait penser irrésistiblement au mirage du second septennat mitterrandien. La politique d'ouverture serait-elle vouée à l'échec dans notre pays ? On pourrait le croire. En réalité, elle suppose la réunion de deux conditions élémentaires. La première est de s'inscrire dans une politique d'union nationale, légitimant les efforts de tous et non de débauchage individuel ou de récompense des appétits personnels. La seconde est d'offrir une véritable valeur ajoutée par l'entrée au gouvernement de talents nouveaux bénéficiant d'une certaine autonomie d'action.
Chacun pourra apprécier si l'une et l'autre de ces conditions ont été réunies. Pour ma part, je pense qu'elles n'ont été satisfaites ni en 1988 ni en 2007. Je le regrette car je persiste à penser que, dans les périodes de crise, l'ampleur des problèmes à traiter justifie le concours du plus grand nombre de bonnes volontés, d'où qu'elles viennent. Mais je crains que cet espoir ne reste vain, dans un système politique aussi bloqué.
Commentaires
1. Le mardi 9 mars 2010 à 16:24, par Garfy
2. Le lundi 22 mars 2010 à 15:18, par Orange
3. Le mardi 23 mars 2010 à 09:59, par Michel
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